Accueil Info En France et dans le Monde RÉCIT. La semaine qui a poussé Jack Lang à la démission après les révélations sur ses liens avec Jeffrey Epstein

RÉCIT. La semaine qui a poussé Jack Lang à la démission après les révélations sur ses liens avec Jeffrey Epstein

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photo  jack lang, ici photographié en 2018, a proposé sa démission de la tête de l’institut du monde arabe samedi 7 février 2026.  ©  stéphane de sakutin / afp 1

Jack Lang, ici photographié en 2018, a proposé sa démission de la tête de l’Institut du monde arabe samedi 7 février 2026. © STÉPHANE DE SAKUTIN / AFP

Jack Lang a finalement présenté sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe ce samedi. Des révélations sur ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein avaient ces derniers jours conduit de nombreux responsables politiques à demander son départ et ont provoqué l’ouverture d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ».

Mis sous pression par le gouvernement et visé par une enquête préliminaire du parquet national financier, Jack Lang a finalement décidé de remettre sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA).

L’ancien ministre de la Culture fait partie des nombreuses personnalités mises en cause après la publication de millions de documents dans l’affaire Jeffrey Epstein, hommes d’affaires et criminel sexuel américain mort en prison en 2019.

Des relatives à la création d’une société offshore fondée par sa fille à la multiplication des appels à démissionner, récit de la semaine qui a poussé Jack Lang à quitter son poste.

Lundi. Révélations autour d’une société offshore

Lundi 2 février, Mediapart publie une enquête s’appuyant sur les documents relatifs à l’affaire Jeffrey Epstein publiés trois jours plus tôt par le ministère américain de la Justice. On y apprend que Caroline Lang, fille de Jack Lang, a fondé en 2016 avec Epstein une société offshore, Prytanee LLC, domiciliée aux îles Vierges américaines. Toujours d’après Mediapart, Prytanee LLC avait vu ses comptes crédités de 1,4 million de dollars et avait pour objet l’achat d’œuvres d’art.

Interrogée par le média en ligne, Caroline Lang reconnaît alors une « naïveté confondante » et dit ne pas avoir déclaré cette société au fisc français. Elle figure également sur un testament financier signé par Jeffrey Epstein deux jours avant sa mort, lui promettant 5 millions de dollars, une somme dont elle affirme avoir ignoré l’existence.

La publication des « Epstein files » met également au jour des discussions d’affaires directes entre la famille Lang et le criminel sexuel. Une série d’échanges datés de mars 2015 révèle notamment des négociations précises autour de la vente d’un riad à Marrakech, le « Ksar Masa ». Questionné par Mediapart sur cet épisode, Jack Lang a indiqué ne pas se souvenir « très bien de cette histoire », estimant avoir « dû simplement transmettre les prétentions du vendeur, sans commentaire ».

Dans la soirée de lundi, après la publication de l’article de Mediapart, Caroline Lang annonce sa démission de la tête du Syndicat de la production indépendante. Nommée quelques semaines plus tôt à ce poste, elle explique ne souhaiter « en aucun cas que cette situation puisse fragiliser ou nuire au syndicat ».

« J’assume pleinement les liens que j’ai pu créer, à une époque où rien ne laissait supposer que Jeffrey Epstein pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité », indique alors Jack Lang, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Mercredi. « Je dois être un naïf », se défend Jack Lang

Interviewé sur RTL, l’ancien ministre de la Culture assure qu’il ignorait tout de la condamnation de Jeffrey Epstein en 2008 pour trafic de prostituées mineures. « Je ne l’ai pas connu comme prédateur sexuel mais quand il était assez proche de Woody Allen », dit Jack Lang.

« Je dois être un naïf, un ignorant. Je fais confiance », poursuit-il au micro de Marc-Olivier Fogiel.

Dans cet entretien, il qualifie Epstein d’homme « cultivé », « passionné d’art, de culture », mais assure qu’il n’aurait pu être « ami » avec lui s’il avait eu s’il avait eu connaissance de sa condamnation.

Sur RTL, puis sur BFM, il exclut alors toute démission de la présidence de l’Institut du monde arabe.

Concernant la présence de son nom dans les statuts d’un fonds offshore créé par Jeffrey Epstein en 2016 et doté de 1,4 million d’euros, l’ancien ministre se dit « stupéfait » de cette « découverte », qualifiant de « culot » l’ajout de son nom. « Pas un centime n’est venu dans ma poche, dans la poche de Caroline », martèle-t-il.

Jack Lang reconnaît en revanche avoir personnellement sollicité le financier pour 57 897 dollars, versés à une association de proches pour un film sur les « années Lang-Mitterrand ». « Solliciter un mécène, ce n’est quand même pas un délit », se justifie-t-il.

Jeudi. Les appels à la démission se multiplient, convocation par le Quai d’Orsay

Le 5 février, le ministère des Affaires étrangères, dont le ministère a la tutelle de l’IMA, demande Jack Lang de s’expliquer sur ses liens avec Jeffrey Epstein, en le convoquant au Quai d’Orsay ce dimanche.

La demande émane de l’Élysée et de Matignon, rapporte l’Agence France-Presse (AFP), qui souhaitent que Jack Lang protège l’Institut du monde arabe, qu’il préside depuis 2013.

Dans la classe politique, et même au sein du Parti socialiste, les appels à la démission se multiplient. « J’ignore si Lang est coupable d’avoir, en connaissance de cause, fermé les yeux sur les agissements d’Epstein et si par sa fréquentation, il a participé à les couvrir », déclare Olivier Faure. « Mais ce qui d’ores et déjà heurte, c’est la façon dont il évoque aujourd’hui l’affaire. »

« À ce stade, rien n’implique Jack Lang dans les scandales sexuels, mais il doit réfléchir à sa démission pour protéger l’institution qu’il préside », poursuit le patron du PS.

« Je ne comprends pas que Jack Lang ne soit pas plus indigné que cela d’avoir fréquenté un tel personnage. Et cela va forcément porter préjudice à l’image de l’Institut du monde arabe. Sa démission devrait aller de soi », abonde Ségolène Royal, qui a été ministre dans le même gouvernement que Jack Lang, sous François Mitterrand.

De LFI jusqu’à l’extrême droite, en passant par le parti présidentiel Renaissance, de nombreux élus réclament également le départ de l’ex-ministre.

Vendredi. Ouverture d’une enquête par le parquet national financier

En déplacement à Beyrouth, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot déclare qu’il se réserve « toutes les options » à propos de la poursuite du mandat de Jack Lang à la tête de l’Institut du monde arabe. « Les premiers éléments qui ressortent de ces dossiers sont inédits et d’une extrême gravité » et « exigent un travail d’enquête rigoureux et approfondi », ajoute-t-il.

Dans la soirée, le Parquet national financier (PNF) annonce ouvrir une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » concernant Jack Lang ainsi que sa fille, Caroline.

Dans un communiqué envoyé samedi à l’AFP, l’ancien ministre de la Culture indique alors accueillir « avec sérénité et même soulagement » l’ouverture de cette enquête préliminaire. « Elle permettra de faire toute la lumière sur des accusations portant atteinte à ma probité et à mon honneur », affirme-t-il.

« Les accusations portées à mon encontre sont infondées », assure-t-il.

Samedi. Jack Lang « propose » sa démission

Jack Lang présente finalement samedi sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe. « Je propose de remettre ma démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire », écrit Jack Lang, dans une lettre au ministre des Affaires étrangères.

« Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai », assure-t-il également dans son courrier.

Son entourage indique à l’AFP qu’il ne se rendra pas à la convocation ce dimanche du ministère des Affaires étrangères, mais qu’il a avancé son retour à Paris depuis l’étranger à samedi soir.

D’après son avocat, Me Laurent Merlet, interrogé samedi sur BFM TV, Jack Lang « est à la fois très triste de quitter une institution muséale qu’il aime beaucoup » mais également « extrêmement combatif et ne laissera pas les calomnies prendre le terrain ».

L’Élysée a réagi samedi soir en disant « prendre acte de la démission » de Jack Lang. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a lui annoncé lancer la procédure de désignation d’une présidence par intérim de l’IMA.

 
Ouest-France  

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