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Procès Fillon. « Penelope travaillait sur mon implantation locale », assure l’ancien député sarthois... |
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François Fillon a voulu convaincre de la réalité du travail de son épouse, Penelope Fillon, à ses côtés lorsqu’il était député. © AFP
Devant la cour d’appel de Paris, l’ancien Premier ministre François Fillon a défendu lundi 22 novembre 2021 le caractère « essentiel » des missions exercées par sa femme dans la Sarthe.
Penelope travaillait sur mon implantation locale
: à son procès en appel à Paris pour des soupçons d’emplois fictifs de son épouse, l’ancien Premier ministre François Fillon a défendu lundi 22 novembre le caractère essentiel
des missions exercées par sa femme dans la Sarthe. Le rôle principal que j’avais confié à mon épouse, c’est d’être présente sur le terrain
, de créer ce lien personnel, ce lien de confiance
avec les habitants, a répété François Fillon.C’est un travail permanent de maillage de la circonscription […] qui, exercé pendant une longue période, est irremplaçable.
Le remplacer aux repas des anciens, recevoir des habitants chez eux, trier le courrier et y détecter desrevendications
ou desbroncas
… Autant d’activités que réalisait Penelope Fillon, a fait valoir son époux, qui peuvent sembler éloignées des enjeux nationaux mais sont indispensables
car ça vous donne votre légitimité
auprès des électeurs.
Elle relisait tous ses discours importants
Penelope apportait sa connaissance des situations personnelles, individuelles
, a soutenu François Fillon, qui a aussi assuré qu’elle relisait tous (ses) discours importants
. Combien de fois elle m’a fait modifier un point de vue parce qu’il était trop technocratique, trop éloigné des réalités, trop pessimiste ?
« Climat de passion »
Le président de la cour relève que très peu de personnes savaient qu’elle était son assistante parlementaire et souligne au détour d’une question la forte tonalité immatérielle
de cette collaboration
.
Le fait que ce soit mon épouse qui me représente, c’est mieux que ça soit ma collaboratrice »,
répond François Fillon, qui reconnaît : on aurait pu s’y prendre autrement
.
Succédant à son épouse, qui a maintenu la semaine précédente avoir réalisé un réel travail auprès de son mari, il a rappelé que la pratique d’embaucher son conjoint était à l’époque courante à l’Assemblée nationale, aussi parce que le conjoint incarne la présence du parlementaire sur le terrain, que n’incarne pas un autre collaborateur ».
L’enquête « n’aurait jamais dû avoir lieu »
L’ex-candidat de droite à la présidentielle de 2017, dont la campagne avait été marquée par l’explosion du « Penelopegate », a aussi critiqué une enquête qui n’aurait jamais dû avoir lieu
dans ce contexte
. Le climat de passion exacerbée d’une campagne présidentielle influe sur les témoignages
, qui sont chargés d’arrière-pensées, qu’ils soient positifs ou négatifs »,
a-t-il argué.
+ Lire aussi : Sarthe. Qu’est devenu François Fillon depuis son procès en 2020 ?
L’ex-ministre et sénateur est rejugé jusqu’au 30 novembre aux côtés de sa femme et de son ancien suppléant pour des soupçons d’emplois fictifs ou surévalués
de Penelope Fillon comme assistante parlementaire entre 1998 et 2013, rémunérés au total 612 000 € nets.
Le 29 juin 2020, l’ancien locataire de Matignon avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux ferme et 375 000 € d’amende. Son épouse s’était vue infliger trois ans de prison avec sursis et 375 000 € d’amende, son suppléant Marc Joulaud trois ans avec sursis et 20 000 € d’amende avec sursis.