|
Procès Fillon. Deux jours cruciaux pour l’ancien Premier ministre... |
2
François Fillon a maintenu ce qu’il avançait lors du premier procès : son épouse a travaillé, « c’est incontestable ». © AFP
Commencé le 15 novembre 2021, le procès en appel de François Fillon dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs se poursuit ce lundi 29 et mardi 30 novembre à Paris.
Le procès en appel de l’affaire Fillon arrive dans la dernière ligne droite. Commencé le 15 novembre 2021, le procès qui se tient au palais de justice de Paris doit se terminer mardi 30 novembre.
François Fillon est rejugé aux côtés de sa femme et de son ancien suppléant Marc Joulaud pour des soupçons d’emplois « fictifs ou surévalués » de Penelope Fillon comme assistante parlementaire entre 1998 et 2013, rémunérés au total 612 000 € nets.
Quelle défense en appel ?
Depuis trois semaines, l’ancien Premier ministre, son épouse Penelope et Marc Joulaud ont développé peu ou prou la même défense que lors du premier procès en février 2020. Je n’avais aucun autre collaborateur affecté à la Sarthe alors si Penelope ne faisait pas ce travail, personne ne le faisait ! Et les électeurs ont considéré que le travail était bien fait puisque j’ai constamment été réélu
, a redit François Fillon à la barre. Il a dénoncé comme depuis le début de l’affaire, une enquête à charge
.

Marc Joulaud, ancien collaborateur de François Fillon, député puis maire de Sablé est aujourd’hui « demandeur d’emploi ». AFP
Le jugement de première instance trahit une conception
relevant del’archaïsme
du rôle de son épouse, a-t-il soutenu. Son épouse, dont on sait qu’elle a extrêmement mal vécu cette affaire depuis cinq ans, a dit devant les magistrats : Je me suis sentie ridiculisée, même parfois humiliée, j’étais tétanisée au point de ne pas pouvoir m’exprimer comme je l’aurais voulu, […]. Cette fois-ci, j’aimerais vous convaincre
.
Marc Joulaud, qui a perdu les élections municipales de Sablé-sur-Sarthe la veille de l’annonce du jugement en juin 2020 et qui s’est présenté devant les juges commedemandeur d’emploi
, n’a pas non plus changé d’un iota sa version de février 2020 et sa fidélité envers son ancien « patron ».
Deux nouveaux témoins en appel
Ne connaissant pas la circonscription et n’étant pas connu des habitants, la meilleure collaboratrice c’était Penelope Fillon, qui arpentait la circonscription depuis 20 ans
, a assuré l’ancien maire de Sablé-sur-Sarthe, tout en reconnaissant qu’il n’était au départ » pas demandeur
de cette embauche, suggérée par François Fillon.
+ Lire aussi : Affaire Fillon. Ils soutiennent encore l’ancien Premier ministre sarthois
Deux nouveaux témoins ont donné un autre rythme à ce procès. D’abord Gilles Carrez, député LR du Val-de-Marne, âgé de 73 ans. Il a souligné l’importance du collaborateur en circonscription
et jugétout à fait utile
que ce rôle puisse être occupé par un conjoint.
La réélection, elle se fait en circonscription. Si on n’est pas présent, si on n’a pas la confiance des habitants, on n’est pas réélu
, a-t-il fait valoir. Autre témoin, Noëlle Lenoir, avocate et ancienne membre du Conseil constitutionnel a défendu le rôle et le travail de la femme auprès de son mari élu.
L’heure de la défense
Si une femme travaille avec son conjoint,il faut que ça soit professionnalisé, il faut que ça soit rémunéré. La femme n’est pas l’accessoire du mari ».
En tant que déontologue de l’Assemblée nationale, entre 2012 et 2014, elle a expliqué n’avoir pas recommandé qu’on supprime la liberté du député
de choisir ses collaborateurs au sein de sa famille, jugeant que l’obligation de rendre ces emplois publics suffisait à éviter des abus.
Ce lundi 29 novembre, les avocats de la défense vont prendre la parole puis viendront les réquisitions du parquet, mardi. Le procès en appel sera clos ce mardi 30 novembre. Deux jours déterminants pour les trois protagonistes de ce qui s’est appelé « le penelopegate » qui avait bouleversé la campagne de l’élection présidentielle de 2017.
En juin 2020, l’ancien locataire de Matignon a été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux ferme et 375 000 € d’amende. Penelope Fillon s’est vu infliger trois ans de prison avec sursis et 375 000 € d’amende, Marc Joulaud son ex-suppléant, trois ans avec sursis et 20 000 € d’amende avec sursis.