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Procès Fillon en appel. « Mon employeur, c’était François », affirme Penelope Fillon auditionnée... |
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Penelope Fillon avec son mari, François Fillon, ex-Premier ministre, lors du procès en juin 2020. © GONZALO FUENTES / REUTERS
Penelope Fillon était entendue ce mercredi 17 novembre dans le cadre du procès Fillon, en appel. L’épouse de l’ex-Premier ministre a répété qu’elle n’avait pas géré la partie administrative de ses contrats mais qu’elle effectuait bien son travail. « Je ne me suis pas posé plus de question », a-t-elle affirmé.
« Mon employeur, c’était François. » Penelope Fillon a reconnu ce mercredi 17 novembre, à son procès en appel, qu’elle laissait à son mari « la partie administrative » de ses contrats d’assistante parlementaire. Mais son rôle, quoique « discret », était bien réel, a-t-elle répété.
Marc Joulaud, le suppléant de François Fillon
Dans la petite salle d’audience de la cour d’appel de Paris, les débats ouverts lundi n’ont pas la même frénésie que ceux du premier procès en février-mars 2020, qui avait abouti, trois mois plus tard, à la condamnation des époux et de l’ex-suppléant de François Fillon.
Méthodiquement, la cour reprend ses questions à Penelope Fillon, interrompues la veille, sur des soupçons d’emplois fictifs concernant trois contrats d’assistante parlementaire auprès de son mari (1998-2002 puis 2012-2013) et de Marc Joulaud (2002-2007).
Ce dernier, qui avait travaillé à la mairie de Sablé-sur-Sarthe, au conseil général et régional, suppléait alors, à 34 ans, François Fillon, nommé ministre. Penelope Fillon devait l’aider à s’implanter, assure le couple.
« Quand on vous demande de citer des gens à qui vous auriez présenté Marc Joulaud, ça semble très difficile », relève le président. « Est-ce qu’aujourd’hui vous avez des noms, des exemples ? »
« Dans les manifestations auxquelles on a pu assister ensemble », Penelope Fillon répond lui avoir présenté « des maires » mais surtout des « habitants », qu’il ne « connaissait absolument pas ».
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Des congés payés jamais posés
Entre le salaire perçu auprès de son mari et celui octroyé par Marc Joulaud (environ 5 000 euros mensuels), il y a « augmentation », souligne l’avocat général Bruno Revel. L’a-t-elle « négociée » ?
« Non, je n’ai jamais négocié ou fait une revendication de salaire auprès de mon mari, ni de Marc Joulaud », déclare Penelope Fillon. Mais « ça a toujours été fait dans les règles de l’Assemblée nationale », assure-t-elle. À ce moment-là , « je pense que François a considéré, avec l’accord de Marc Joulaud, que la somme était justifiée pour ce travail ».
Sur toute la période, elle n’a pris aucun congé maternité, ni congé payé, bénéficiant cependant d’indemnités de congés non-pris. « Ça ne vous a pas étonnée ? » poursuit le magistrat.
« François avait choisi ce mode, donc moi j’ai fait ce qu’on m’a demandé de faire, je ne me suis pas posé plus de question », dit-elle. « Mon employeur, c’était François, il savait qu’on partait en vacances puisqu’on partait ensemble ».
Deux emplois cumulés
Droite à la barre, courts cheveux gris et lunettes à monture noire, la Galloise de 66 ans répond d’une voix teintée d’un léger accent. Non loin, François Fillon reste la plupart du temps assis tête baissée, les mains jointes.
Penelope Fillon est aussi poursuivie pour un emploi de « conseillère littéraire » en 2012-2013 au sein de La Revue des deux mondes, propriété de l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, alors ami de François Fillon.
Rémunérée 3 950 euros net, elle déclare avoir rédigé « une quinzaine de notes de lecture » (deux ont été publiées) et avoir fait des propositions afin de relancer la revue qui dépérissait, avant d’abandonner face à « l’hostilité » de l’équipe.
L’avocat général Yves Micolet rappelle que, deux mois après avoir signé ce contrat, elle est de nouveau embauchée par son mari comme assistante parlementaire.
« Est-ce que vous n’avez pas le sentiment de trahir Marc Ladreit de Lacharrière » en « cumulant » ces deux fonctions ?, lui demande-t-on. Penelope Fillon répond qu’elle croyait à la compatibilité de ces deux emplois. « Votre contrat était quand même de 218 jours de travail, cela représente beaucoup d’investissement… », insiste l’avocat général. « Je pense qu’il travaillait beaucoup aussi, donc il aurait compris. »
Le patron de Fimalac a été condamné dans une procédure de « plaider-coupable » en 2018 pour abus de biens sociaux, reconnaissant un contrat en partie fictif.
« Le plaisir et le travail »
La défense prend le relais, la questionne longuement sur les « banquets de personnes âgées », « concours de boule de fort », « remise de médailles » auxquelles elle participait. C’était « en tant qu’épouse et assistante parlementaire », pour « le plaisir et le travail », dit-elle.
Son avocate Me Astrid Mignon Colombet cite une à une des demandes d’intervention reçues par courrier sur lesquelles Penelope Fillon affirme avoir travaillé en lien avec l’équipe de son mari : une aide à la mutation pour un policier dans la Sarthe ou encore des coups de pouce pour un travail.
« Mon rôle, c’était respecter les gens, leurs problèmes, essayer de les aider, être à leur service », fait valoir celle qui est aujourd’hui comme simple conseillère municipale de Solesmes, « apolitique », précise-t-elle.
Le procès reprendra lundi après-midi avec l’interrogatoire de François Fillon.