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Présidentielle. « Si Le Pen passe, je pense à démissionner » : le cri du cœur de ce maire sarthois... |
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Anthony Mussard, ici dans son bureau à Loué, en 2021. © Archives Ouest-France
Anthony Mussard, maire sans étiquette de Loué (Sarthe) depuis 2020, vit le score de l’extrême-droite dans sa commune au premier tour de la présidentielle 2022 comme « un coup de massue ». Il envisage sérieusement de rendre son écharpe si Marine Le Pen venait à remporter le second tour chez lui et à être élue à la tête du pays.
Le maire de Loué, en Sarthe, a pris « un coup de massue », dimanche soir, lors du dépouillement des votes au premier tour de l’élection présidentielle 2022 dans sa commune. Deuxième loin derrière le Sarthois François Fillon en 2017, Marine Le Pen est arrivée cette fois-ci en tête du millier de suffrages exprimés, avec 33,13 %. « En additionnant avec les voix de Zemmour et Dupont-Aignan, l’extrême-droite atteint 40 % », s’étranglait Anthony Mussard, à l’autre bout du fil, lundi soir.
« Je ressens une perte de repères entre les valeurs que je porte à l’échelle locale et celles du RN, qui sont en totale contradiction, s’inquiète l’édile élu en 2020, qui s’est notamment mobilisé en mars dernier pour l’accueil de plus de quarante réfugiés ukrainiens dans son village. Je me pose sérieusement la question de ma légitimité. »
« Être maire, ce n’est pas une obligation pour moi »
« Si Marine Le Pen est en tête à Loué ou à l’échelle du pays, je pourrai aller jusqu’à démissionner », nous confie-t-il, assurant avoir eu un échange avec la sous-préfète à ce sujet et ne pas être le seul à s’interroger parmi les communes voisines où Marine Le Pen a cartonné. « Être maire, ce n’est pas une obligation pour moi, alors il faut que je partage un minimum de valeurs avec mes administrés », souligne Anthony Mussard. En plus de ses fonctions municipales, ce jeune quadragénaire est infirmier-anesthésiste au centre hospitalier du Mans, et pompier volontaire en Mayenne.
« Je ne me vois pas être maire sous un gouvernement d’extrême-droite, ni si une majorité de mes administrés la choisissent au second tour, poursuit-il. En concertation avec mon équipe, je terminerais les dossiers pour lesquels je me suis engagé, comme le recrutement de médecins, et je laisserais ma place. »