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Pourquoi près de 800 chênes américains sont-ils plantés en Sarthe ?... |
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Cédric Belliot et Nathan, techniciens forestiers, avec deux stagiaires Enzo et Émilien ont planté près de huit cents plants de deux ans à la Terriotière, à Louplande (Sarthe). © Ouest-France
Le comité sarthois du Centre national de la propriété forestière (CNPF) a entrepris, lundi 30 et mardi 31 mars 2026, la plantation de chênes américains à la Terriotière, à Louplande (Sarthe), dans le cadre d’un programme expérimental.
Cette installation se fait dans le cadre du réseau Esperense qui vise à identifier les essences de substitution essentielles aux essences en place, considérées comme vulnérables au changement climatique et d’évaluer le comportement de ces nouvelles essences. Cédric Belliot, technicien, détaille l’opération : Nous allons planter seize espèces de chênes, soit 768 plants de deux ans sur ce site. Ce sont des chênes d’Amérique du Nord, croissant dans des climats qui devraient ressembler à ce que l’on aura dans quelques décennies en Sarthe. L’objectif est de tester une stratégie d’adaptation des forêts au changement climatique.
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Le terrain utilisé retrouvera alors une utilisation boisée d’origine. Le réseau Esperence travaille avec la RDI (Recherche développement et innovation) de l’Office national des forêts (ONF) pour la sélection des espèces. Sur 231 espèces de chênes vus, la sélection a porté sur 79 espèces intéressantes à étudier plus avant. La RDI a décidé dans un premier temps de faire une opération avec des espèces des USA »,
complète Cédric Belliot.
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Plantation en rectangle de seize plants
Dans un premier temps, des glands de vingt espèces ont été importés avec un choix de provenances pour des états aux climats les plus stressants de leur aire naturelle. Ils ont été semés au printemps 2024 à la pépinière ONF de Guémené-Penfao, en Loire-Atlantique.
Les plants proviennent de ces semis.
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La plantation se fait en rectangle de seize plants. Seize îlots sont répétés trois fois d’où les 768 plants. Pour des repères, sont aussi plantés des chênes sessiles et pubescents locaux.
Chaque plant présente son étiquette identificatrice. Au pied, nous testons une plaque à base de cheveux, elles ont un aspect répulsif pour les chevreuils.
Un suivi régulier de la plantation sera effectué afin de voir l’évolution dont la mortalité mais aussi les problèmes sanitaires dus aux maladies, champignons… D’où l’intérêt de reconstituer une forêt. La croissance sera mesurée.
D’autres expérimentations sont aussi effectuées notamment dans La Marne, la Gironde et la région Centre-Val de Loire.