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Pourquoi les femmes attendent plus aux toilettes que les hommes ?... |
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Ce samedi 2 août, la pause pipi est plus longue que prévu pour certaines, sur l’aire de repos des Portes d’Angers… © Le Courrier de l’Ouest
Pendant les vacances scolaires estivales, des centaines de milliers d’automobilistes circulent sur les autoroutes de France. Et y font des pauses avec un problème qui persiste : les files d’attente particulièrement longue devant les toilettes des femmes.
Plusieurs heures de route, une envie pressante et la douche froide. Pour accéder aux petits coins de cette aire d’autoroute du centre de la France, il faudra attendre à cette mère et ses deux petites filles une bonne quinzaine de minutes, en établissant un ordre de passage presque cruel : Qui est la plus pressée ?
Dans la file, les regards compatissants des femmes arrivées quelques minutes avant. À la porte voisine, aucune attente pour les hommes qui entrent et sortent des toilettes avec une régularité presque insolente : trafic fluide pour les uns, embouteillage monstre pour les unes. Mais pourquoi ?
Première raison, toute simple : la densité de la circulation routière. Au cœur de l’été, la fréquentation des aires de repos peut parfois doubler : sur certaines grosses aires, le nombre de voyageurs - et autant de vessies - peut atteindre 100 000 sur un seul week-end…
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En témoigne Marie-Annick, rencontrée ce samedi, sur l’aire de repos des portes d’Angers sur l’A11, qui appréhendait de devoir attendre pour profiter des sanitaires : On s’est dit avec mon mari que ça allait être long mais finalement, on a été plus rapide à aller aux toilettes qu’à se garer »,
témoigne cette Nordiste soulagée, de retour de La Tranche-sur-Mer. Pour elle, 5 minutes top chrono la pause pipi. Un vrai coup de chance, car quelques minutes pus tard, la file d’attente s’étirait…

Marie-Annick a eu beaucoup de chance et a pu accéder facilement aux sanitaires avant le rush de la mi-journée, sur une aire de repos de l’A11, près d’Angers. Le Courrier de l’Ouest
Autre raison : l’espace alloué aux toilettes. La plupart du temps, les sanitaires dédiés aux femmes et aux hommes disposent de la même surface. Or, dans un même espace, vous pouvez coller davantage d’équipements pour vider sa vessie, côté masculin, grâce à l’urinoir »
relèvent nos confrères du Parisien qui s’appuient notamment sur une étude belge qui indique que les femmes passeraient 2,3 fois plus de temps aux toilettes que les hommes. Pour des raisons toutes simples : déshabillage plus long, changement de protection hygiénique… Comment contourner cette situation d’inconfort pour les femmes, lors d’un long trajet en voiture ?
La technique de la triche
Pour Anne et sa fille Angèle, rencontrées ce samedi sur l’aire de repos des Portes d’Angers (A11), dans le Maine-et-Loire, la solution est toute trouvée : On gruge, on va chez les hommes.
Pas de culpabilité pour ces Brestoises en route pour Gênes, en Italie : ça va beaucoup plus vite !
Même astuce pour Mathilde, déjà rentrée de vacances, elle, qui n’hésite pas à passer dans les toilettes des hommes, bien que pas très à l’aise dans cet espace où se trouvent les pissotières : Pour moi, on devrait tout simplement enlever les urinoirs et créer des toilettes mixtes
.
La stratégie de l’évitement
Autre solution radicale utilisée par Florence, une automobiliste morbihannaise : Dans la famille on est plutôt du genre à se retenir et à ne pas utiliser les WC des aires d’autoroutes
. Valérie, Sarthoise, confie ne jamais aller aux toilettes publiques des femmes sur la route s’il y a du monde : Je vais chez les hommes ou je fais pipi dans l’herbe
. Pour moi, c’est derrière un arbre ou entre les portes des voitures
, dévoile encore Cécile, enseignante bretonne. Une technique adoptée également par sa collègue Anne.
Des blocs sanitaires en plus
Pour éviter ces désagréments, comment les aires peuvent évoluer ? Interrogé ce samedi, le service communication de Vinci Autoroutes indique que rien n’est prévu globalement en ce sens car chaque aire est autonome
. Vinci indique que certaines aires ajoutent des blocs sanitaires, à l’extérieur du bâtiment principal. Nous invitons les usagers à être attentifs à la signalétique
. Car si le réflexe est de se diriger vers l’espace restauration boutique, il est parfois possible de pouvoir aller au petit coin un peu plus loin.
La complicité des hommes
Si dans les témoignages recueillis par Le Maine Libre, certaines femmes n’hésitent pas à utiliser les WC dédiés aux hommes, d’autres n’osent pas. La crainte d’une réflexion, d’un regard appuyé… Mais dans l’autre sens, certains hommes ne sont pas à l’aise face à ce déséquilibre. Comme Antoine : Cela fait plusieurs fois que je me fais la réflexion. Les toilettes des femmes ne sont pas suffisamment dimensionnées sur les aires d’autoroute. C’est la même chose dans les salles de spectacle ou les stades parfois aussi, où je me sens un peu gêné de constater que l’on n’a pas d’attente ou presque du côté des hommes alors que les femmes doivent patienter plusieurs minutes.
Qui invite ceux qui imaginent ces lieux à prendre ces difficultés en considération.
C’est que ça presse…