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Pollution aux PFAS : l’eau en Sarthe est-elle polluée ?... |
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Le ministère de la transition écologique a dévoilé une carte répertoriant toutes les analyses d’eau portant sur la présence de PFAS (polluants éternels) sur tout le territoire français. © Photo archives CO Marie Delage
Jeudi 31 juillet 2025, le ministère de la Transition écologique a mis en ligne une carte répertoriant les analyses portant sur la présence de PFAS ou « polluants éternels » dans l’eau sur l’ensemble du territoire français. En Sarthe, certaines communes sont sujettes à une surveillance plus pointue.
2,3 millions d’analyses. C’est ce que le gouvernement a mis en ligne ce jeudi 31 juillet sur le site du ministère de la Transition écologique. Il s’agit d’un outil sous forme de carte, consultable par tout le monde, qui répertorie les sites émetteurs de « polluants éternels » (ou PFAS) dans l’eau et les mesures de ces derniers dans les lieux aux alentours. Cela fait suite au plan d’action annoncé par l’État en avril 2024, en réponse aux inquiétudes concernant les impacts des PFAS sur la santé humaine et la biodiversité.
Les différentes analyses de l’eau ont été faites dans quatre types de lieux : les sites industriels, les eaux distribuées, les eaux souterraines et les eaux superficielles (lacs, rivières, fleuves, etc.). Mais qu’en est-il de la Sarthe ?
+ Carte des PFAS : surveillance de l’état des eaux de France
Les foyers sarthois sûrs, les sites industriels sous surveillance
En Sarthe, la présence de PFAS dans l’eau distribuée au robinet est quasiment nulle, à l’exception des communes de Parcé-sur-Sarthe et de Saint-Calais, mais qui comptent des mesures (0,0036 µg/L et 0,012 µg/L) largement en dessous du seuil de qualité réglementaire pour les eaux de consommation humaine. Cette limite a été fixée à 0,1 µg/L pour la somme des 20 PFAS sélectionnés par l’Union Européenne. Pas d’inquiétude donc pour les foyers sarthois, pour le moment, les données étant mises à jour une fois par mois.
Les eaux souterraines et les eaux superficielles (ou eaux de surface) ont également été surveillées. Pour les premières, seules quelques villes ont montré la présence de PFAS mais toujours en faible quantité, sans risques majeurs pour l’humain. C’est le cas notamment de la commune de Saint-Mars-la-Brière qui a compté un nombre important d’analyses.
Pour ce qui est des eaux de surface, beaucoup de lieux ont été sujets à la pollution aux PFAS, toujours sous le seuil fixé et donc sans risques majeurs pour la santé et la biodiversité. Cependant, certaines analyses concernant les points d’eau en surface se sont arrêtées en 2022 ou 2023.
Les lieux les plus surveillés et qui font l’objet d’un contrôle beaucoup plus attentif sont surtout les sites industriels qui rejettent leurs eaux dans le milieu naturel ou dans des stations d’épuration. Pour cela, les chiffres sont beaucoup plus alarmants. On peut noter les zones industrielles de Marolles-les-Braults, Ségrie ou la zone sud du Mans dont les dernières analyses de 2025 montrent des chiffres bien au-delà du seuil réglementaire. L’analyse du 21 mai 2025 sur le site de Sarrel, à Marolles-les-Braults, montre une quantité atteignant les 320 µg/L pour l’un des 20 PFAS (6 : 2 FTSA).
Le point de départ d’un plan plus large
Comme susmentionné, la première version de cet outil créé par le Bureau de recherches géologiques et minières fait partie du plan d’actions mis en place par l’État en avril 2024. La prochaine étape de ce plan prévoit un lancement à venir d’une consultation du public sur deux projets de décrets
. Dans un premier temps, il s’agit d’interdire les PFAS dans des objets de la vie courante puis dans un second temps, tenter de réduire les émissions industrielles de PFAS.
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Ces projets de décrets précisent le champ de l’interdiction de ces produits à partir du 1er janvier 2026, ainsi que la trajectoire de réduction des rejets industriels de PFAS d’ici 2030
, a souligné la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, citée dans le communiqué. L’objectif est de réduire la présence des PFAS dans l’environnement et de réduire notre exposition directe à ces produits dans notre quotidien ».
Parmi les répercussions que les PFAS peuvent avoir sur la santé, il y a le cancer, l’augmentation du cholestérol, ainsi que des effets indésirables sur la fertilité et le développement du fœtus. Connus notamment pour la fabrication de poêles antiadhésives, de vêtements imperméables ou de cosmétiques, les PFAS ont la particularité d’être extrêmement difficiles à éliminer une fois présents dans l’eau ou les sols, d’où le nom de polluants éternels
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