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Plessis Sasnières, près de la Sarthe, un jardin à l’anglaise de mère en fils

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photo  guillaume henrion et thymus, son border terrier, sous une tonnelle de pommiers créées avec les croqueurs de pommes, une association sarthoise.  ©  ouest-france 4

Guillaume Henrion et Thymus, son border terrier, sous une tonnelle de pommiers créées avec les Croqueurs de pommes, une association sarthoise. © Ouest-France

Créé dans les années 1970 par Rosamée Henrion, près de la Sarthe, le Plessis Sasnières est désormais géré par son fils, Guillaume, avec le même goût pour les jardins d’Outre-Manche. Nouvel épisode de notre série sur les Jardins intimes.

Régulièrement, au jardin du Plessis Sasnières, des visiteurs se déchaussent pour marcher sur le gazon, enfonçant avec volupté leurs orteils dans l’épais tapis d’herbe. La pelouse est entretenue minutieusement, explique Guillaume Henrion, le gérant.

Prendre soin de cet élément majeur du lieu créé par sa mère, Rosamée Henrion, décédée fin 2021, implique deux tontes par semaine, un équipement digne d’un terrain de golf et un arrosage intégré qui peut – quelle chance en période de sécheresse ! – puiser dans l’étang qui trône au milieu du domaine.

Le charme de l’Enclos fleuri

Ce jardin à l’anglaise se cache à quelques kilomètres de la Sarthe, dans le Loir-et-Cher. Ses onze hectares occupent un charmant vallon, adossé à un coteau calcaire. Sur le plateau, un parc court le long d’une allée de magnolias tandis qu’en bas, le jardin joue avec des châtaigniers, hêtres ou cornouillers : Ma mère aimait particulièrement les arbres et les arbustes, souligne Guillaume Henrion.

Face à l’étang et aux bâtiments des XVe et XVIe siècles, un Enclos fleuri entouré de murs de pierres a pris la place d’un ancien potager. Il fait chanter les couleurs de centaines de variétés de fleurs – vivaces, annuelles ou rosiers. Les massifs (des mixed borders à la britannique) sont organisés par duos : jaune et blanc, rose et bleu, orange et jaune…

photo un jardin structuré, avec des perspectives, sublimé par l’étang qui trône au milieu du domaine.  ©  ouest-france

Un jardin structuré, avec des perspectives, sublimé par l’étang qui trône au milieu du domaine. Ouest-France

Guillaume Henrion raconte avoir dessiné ce jardin de fleurs vers la fin des années 1980, peu après l’ouverture au public. Le domaine respire alors la passion de Rosamée Henrion pour la botanique : planté de végétaux que la propriétaire découvrait dans les jardins anglais ou irlandais mais sans vraie organisation. Elle se faisait plaisir sur le moment sans se demander ce que cela donnerait quand les plantes seraient matures, estime son fils.

Eden vert irlandais

Lui a alors la trentaine. J’étais devenu architecte d’intérieur parce que je détestais les études et que cela me permettait de sortir de la voie classique, droit ou commerce, que réserve à ses enfants la société bourgeoise où il a grandi. J’ai eu envie d’aller en Irlande car cela me semblait être un Eden vert. Il en revient scotché par les jardins irlandais. Leur beauté, leur mise en scène du minéral et du végétal… Cela me renvoyait un peu à mes études d’architecture.

De retour en France, il convainc sa mère de l’importance de structurer notre jardin, avec des perspectives, des premiers plans, des haies et des topiaires pour ponctuer, des allées minérales ou de gazon… Et de créer un jardin de fleurs, alors qu’elle y était d’abord rétive.

photo guillaume henrion raconte avoir dessiné ce jardin de fleurs vers la fin des années 1980, peu après l’ouverture au public.  ©  ouest-france

Guillaume Henrion raconte avoir dessiné ce jardin de fleurs vers la fin des années 1980, peu après l’ouverture au public. Ouest-France

D’abord pour la chasse

Aujourd’hui sexagénaire, ce fils de bonne famille se souvient que le Plessis Sasnières n’a pas toujours eu l’allure d’un jardin. Quand Rosamée – sœur d’Anne-Aymone Giscard d’Estaing – en hérite de ses nobles aïeux en 1960, le lieu est à l’abandon. Son époux, Marc Henrion, directeur de sociétés de vins et d’alcools à Paris, y remet en route la chasse à tir et de petit gibier. La maison principale est refaite. Les quatre garçons du couple y viennent pendant les vacances avec nos nurses. C’était le bonheur car elles n’arrivaient pas à nous suivre. On ne les revoyait qu’au repas !

Adolescent, Guillaume fait vrombir sa moto tout-terrain sur le coteau. Je roulais parfois sur les petites plantes de ma mère. Entre-temps, les parents se sont séparés, Rosamée s’est découvert une passion pour la botanique et, élue maire de Sasnières, descend de Paris trois jours par semaine s’occuper de la propriété et de la commune. Je venais souvent avec elle. La nature me plaisait beaucoup plus que le beau monde.

photo plus de trente ans après son ouverture, le jardin enregistre dans les 10 000 entrées les belles années.  ©  ouest-france

Plus de trente ans après son ouverture, le jardin enregistre dans les 10 000 entrées les belles années. Ouest-France

10 000 entrées par an

Plus de trente ans après son ouverture, le jardin enregistre dans les 10 000 entrées les belles années et tourne avec un budget de plus de 130 000 € avec un déficit de 40 à 50 000 € par an , assure son gérant, également président de l’association des Parcs et Jardins du Centre Val de Loire. C’est comme si on s’achetait un tableau d’art moderne par an , relativise Guillaume Henrion. On y passe nos loisirs, nos moyens, mais on partage une certaine beauté avec nos visiteurs.

Rosamée avait fini par adopter le jardin de fleurs. Ma mère y passait beaucoup de temps, enlevant les fleurs fanées, nettoyant les parterres… Elle nous manque beaucoup.

Jardin du Plessis à Sasnières (Loir-et-Cher). Visite : 10 € par personne. Restaurant, salon de thé, boutique.

 
Claire THÉVENOUX.    Ouest-France  

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