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Philippe Jaroussky : « J’ai un rapport intense avec le Festival de Sablé »... |
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Philippe Jaroussky s’est produit en l’église Notre-Dame de Sablé-sur-Sarthe, vendredi 27 août 2021. © Simon Fowler
Philippe Jaroussky est la tête d’affiche du Festival baroque de Sablé-sur-Sarthe, qui se tient jusqu’au samedi 28 août 2021. Un événement que le contre-ténor français fréquente avec plaisir depuis plus de quinze ans.
C’est toujours un plaisir de venir chanter à Sablé.
Philippe Jaroussky, contre-ténor français à la renommée internationale, est la tête d’affiche du Festival baroque de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). Ce n’est pas la première fois que le chanteur lyrique foule le sol de la ville sarthoise. J’y chante depuis plus de quinze ans. C’est même sûrement le festival dans lequel j’ai le plus chanté
, confie-t-il. Un retour qui amène toujours avec lui son lot de souvenirs pour Philippe Jaroussky.
Lorsqu’on évoque le festival, une anecdote particulière lui revient. En 2003, alors que le concert prévu allait débuter, Jean-Bernard Meunier monte sur scène. Avec émotion, le directeur de l’évènement à l’époque annonce que le festival est annulé, à la suite d’une grève des intermittents du spectacle. La moitié du public quitte les lieux. Là , l’artiste commence quand même à chanter, derrière le rideau
, raconte Philippe Jaroussky, comme de nouveau observateur. Une partie du public se lève et va ouvrir le rideau. On est resté là , spectateurs de ce spectacle interdit. C’était magique. Même si je n’ai pas pu me produire cette année-là , je n’ai pas regretté d’être venu à Sablé.
Un public exigeant
Mais les débuts de Philippe Jaroussky avec le Festival baroque de Sablé remonte à l’époque où il était encore étudiant. Il s’était alors rendu à un stage de violon et avait même participé à une session de danse baroque. Au-delà d’être l’un des plus importants festivals baroques de France, c’est aussi un endroit où les jeunes peuvent prendre des cours et assister à des spectacles. C’est essentiel
, apprécie le contre-ténor.
Vendredi 27 août 2021, il est venu chanter le Stabat Matar, aux côtés de Christina Pluhar, musicienne à la tête de l’ensemble L’Arpeggiata, et Céline Scheen, soprano belge. Une programmation plus austère
que les collaborations habituelles des artistes. La partition de Pergolèse décrit la souffrance de la Vierge au pied de la croix. C’est une œuvre très émouvante. On doit transmettre le sentiment, pas seulement la voix. J’espère y arriver
, confiait Philippe Jaroussky avant le concert. C’est la première fois que l’artiste interprétait ce chant dans une église, et en duo avec Céline Scheen.
Une appréhension qui s’ajoute à celle de chanter devant un public averti, avoue Philippe Jaroussky. Dans certains festivals, souvent dans des villes touristiques, le public est plus mélangé. Il y a évidemment des spécialistes mais également des néophytes
. À Sablé, c’est différent. Les gens qui viennent s’y connaissent. C’est une petite pression supplémentaire. Mais c’est stimulant d’être devant un public exigeant.