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Pénurie d’antibiotiques : « Votre pharmacien trouvera toujours une solution »... |
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Les pharmaciens s’approvisionnent au compte-gouttes en amoxicilline. © Photo Le Maine Libre
L’amoxicilline, associée ou non à l’acide clavulanique, manque dans de nombreuses pharmacies fin d’année 2023. Des patients s’en inquiètent. Le président de l’Ordre des pharmaciens des Pays de la Loire, Jocelyn Coutable, se veut rassurant.
« Il ne s’agit pas d’une nouvelle pénurie d’antibiotiques mais de la même qui n’a jamais cessé depuis 16 mois. » Le président de l’Ordre des pharmaciens des Pays de la Loire, Jocelyn Coutable, confirme ce que de nombreux patients vivent chaque jour : il est toujours très compliqué de s’approvisionner en amoxicilline – associée ou non à l’acide clavulanique – cet antibiotique qui guérit un large spectre de maladies ORL d’origine bactérienne.
« Les officines disposent de 3 à 4 jours de stock quand il en faudrait, en cette période hivernale, trois mois », explique Jocelyn Coutable, avançant les mêmes raisons qu’il y a un an et demi : une explosion de la demande mondiale d’antibiotiques dont les principes actifs sont en grande majorité fabriqués en Inde et en Chine et qui ne peuvent pas accélérer la cadence. « C’est en fait une bonne nouvelle même si elle nous pénalise, cela veut dire qu’un plus grand nombre de personnes dans le monde ont accès aux antibiotiques et peuvent se soigner ».
Des préparations magistrales autorisées
Conséquence pour les patients français, ils ne sont pas sûrs de trouver du premier coup l’antibiotique prescrit par leur médecin. Les conséquences sont aussi du côté des pharmaciens, qui passent 7 à 8 heures par semaine à chercher des solutions. « Et elles existent », veut rassurer Jocelyn Coutable. Les officines peuvent s’approvisionner depuis un an auprès de consœurs autorisées par l’Agence régionale de santé à réaliser des préparations magistrales d’amoxicilline. « Il y en a seulement trois dans les Pays de la Loire (aucune en Sarthe) car cela nécessite des conditions d’installations particulières comme la présence d’une hotte d’aspiration pour éviter les inhalations par exemple ». Autre possibilité, « appeler nos grossistes répartiteurs pour espérer deux flacons » par-ci par-là , ou les pharmacies voisines « pour savoir si elles peuvent dépanner nos patients ». En dernier recours, « on appelle le médecin pour lui demander s’il peut changer sa prescription. Cette pénurie complique un peu les choses mais on trouvera toujours une solution pour nos patients, même si cela prend un peu plus de temps ».