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Municipales à Nantes. « Oh là là, ça sent mauvais ! » : à l’hôtel de ville, le coup d’assommoir pour la gauche... |
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Johanna Rolland, la maire sortante socialiste, dimanche soir, lors d’une brève allocution. © DR
Dimanche 15 mars en soirée, ambiance à la mairie de Nantes. Dès le début de soirée, les mauvaises nouvelles tombent. Jusqu’au résultat final de ce premier tour.
À peine 20 h dans l’hôtel de Ville de Nantes, et une première mauvaise nouvelle pour la gauche, qui tombe. La droite vient de reprendre Orvault. Toujours le calme plat, dans la salle Paul-Bellamy, et une seconde douche froide : c’est maintenant La Chapelle-sur-Erdre, détenue par les socialistes, qui s’offre à la droite. Et une troisième, Les Sorinières. Et une quatrième, Bouaye. Il est des soirées électorales comme ça où rien ne va. « Une vague de droite se dessine », glisse, préoccupé, un colistier de Johanna Rolland, la maire sortante socialiste.
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Un autre souffle : « Dans les bureaux de vote acquis habituellement à la droite, les chiffres montrent une mobilisation massive… » Signe que le candidat de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe, a su battre le rappel, en donnant espoir à son camp, après tant d’élections municipales atones. « Oh là là, ça sent mauvais. »
Et pendant ce temps, dans les bureaux où l’on vote généralement à gauche, l’abstention est plutôt importante. Plus les minutes passent, plus l’atmosphère est pesante. Très pesante. Dans ce bureau de vote de La Contrie, entre les Dervallières et Zola, où la gauche avait cartonné en 2020, l’avance sur le candidat de la droite est réelle mais n’a rien du triomphe. Les mines se renfrognent encore plus.
« Pas vrai, Chombart de Lauwe a réussi son pari ! »
À 21 h 15, l’intuition des vieux de la vieille de la gauche nantaise se confirme. L’Ipsos vient de sortir son sondage sorti des urnes qui, chacun le sait, n’a rien de farfelu. Johanna Rolland n’obtiendrait que deux petits points de plus que son adversaire. Coup d’assommoir sur la tête. « Pas vrai, Chombart de Lauwe a réussi son pari ! » Les résultats continuent de tomber. Et ça se confirme. Que faire ? Que dire ? Que proposer ? S’allier avec le centriste Mounir Belhamiti, ancien membre écolo de la majorité avant de rejoindre Emmanuel Macron ? « Les écologistes n’en voudront pas », prédisent plusieurs socialistes. Une fusion technique avec La France insoumise : « Il n’y a pas d’autres solutions où on laisse la Ville à une droite radicale ». Plus une mouche ne vole.
22 h 45. Johanna Rolland se rend en salle de presse, entourée d’une dizaine de ses colistiers. Visage tendu. Un très bref discours, trois minutes top chrono. Elle dénonce « le candidat de droite qui n’a eu de cesse de superposer ses positions à celle de l’extrême droite. » Elle continue : « J’appelle solennellement l’ensemble des forces de gauche, écologistes et humanistes à se mobiliser pour rendre la victoire possible à Nantes. » Fin de la prise de parole.
Une militante, les traits très tirés, maugrée : « Que ça me fait mal. J’ai l’impression de revivre le 21 avril 2002 (N.D.L.R. : l’élimination du socialiste Lionel Jospin à la présidentielle au premier tour). » Elle s’arrête tout net, et se ressaisit : « Mais non ! Ce n’est que le premier tour. Et on est en tête. On peut gagner. On va gagner ». Méthode Coué ?