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Le Mans. Sur Instagram, Imane Bounouh aide les jeunes et les étudiants à grimper dans la société... |
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Imane a grandi quartier Vauguyon, au Mans. © Photo Eliot Blondet
Après le succès de ses recettes pour les étudiants, Imane a lancé le concept « Grimpe ». Sur ce compte Instagram aux 113 500 abonnés, la jeune femme de 22 ans donne des clés pour s’épanouir et s’insérer professionnellement.
Derrière Grimpe se trouve Imane Bounouh, 22 ans. Fraîchement diplômée, elle sort d’une alternance en communication. Sur Instagram, elle partage ses conseils aux étudiants pour que la bourse soit temporaire
. Anciennement « Recettes échelon 7 » et « ministère des 18 m²», son compte veut faciliter l’ascension sociale.
En septembre 2020, Vanity Fair classe la Mancelle parmi « les 30 personnes de moins de trente ans qui vont changer la France ». Un an plus tôt, l’étudiante de la Sorbonne ouvrait un compte Instagram en référence à son échelon de bourse, le 7, le plus élevé. Elle y partage des recettes simples (sans four ni mixeur) à petits prix et bons plans.
Colocation virtuelle à impact réel
Locataire du Crous, elle souhaite partager son expérience. Jusque-là , je n’avais ni ressource, ni personne pour me renseigner. J’ai voulu être cette aide-lÃ
, explique-t-elle. En 48 heures, 20 000 personnes suivent ses recettes. Le compteur atteindra plus de 145 000 abonnés mais pour Imane ce n’est pas un indicateur, je veux juste être utile et bienveillante
.
Face à des cas parfois complexes, l’étudiante cherche à parler de ses pairs sans les caricaturer, ni tomber dans le discours du boursier privilégié, qui est loin d’être la réalité.
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Imane fait évoluer son projet à l’hiver 2021 et lance Grimpe. Avec 50 recettes, j’arrivais au bout. Aujourd’hui, j’aborde le bagage culturel. Que l’on apprenne à s’épanouir scolairement et s’insérer professionnellement.
Observant que nombre d’étudiants se dévalorisent, elle propose des clés pour avancer : trouver une alternance, un logement sans garant, se faire un réseau…
Colocation virtuelle à l’impact réel, Grimpe a aussi son réseau partagé. Un drive où des fichiers aident aux concours, courses, finances, logement et santé.
« Parler avec les jeunes »
Adolescente boute-en-train, Imane a grandi, quartier Vauguyon au Mans. Là où tout se sait et domine la fierté
, on suit ses activités de près. Comme à son retour d’un stage, en radio, où elle glane le surnom de Claire Chazal.
Petite, j’étais tout le temps dehors, à la MJC Jean-Moulin ou au Musée Vert. J’ai dû attendre le lycée pour aller en centre-ville. Avant je restais dans mon quartier, il y avait tout
, explique la jeune femme.
Après s’être émancipée, elle souhaite montrer la voie. Même dans une ville moyenne, il y a des possibilités. Mais il faut oser partir vers d’autres opportunités, quitte à revenir. Ado, je n’avais pas cette vision où le monde était à moi. Je veux transmettre ce panache-là aux jeunes Sarthois.
Celle qui n’a pas la prétention d’être un modèle
voit pourtant en elle-même certains aspects qui auraient été inspirants étant plus jeune.
Elle se dit aussi régulièrement contactée par de jeunes filles du Mans. Elles voient en moi une grande sœur, je crois que c’est précieux. Je dis à mes copines : parlez avec les jeunes générations, elles ont besoin de ce type de discours.
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Au lycée Sud, où elle était élève en seconde générale, elle raconte y avoir vécu un moment magique. Deux professeurs ont cru en moi. Ils ont tout mis en œuvre pour que je me réoriente en 1re littéraire au lycée Sainte-Croix. Ils ont déniché en moi ce que je ne voyais pas encore.
Une goutte d’eau dans l’égalité des chances qui veut dire beaucoup pour Imane. Si elle admet trouver le terme très joli, elle invite à regarder ce qu’il y a derrière.
Le bon terme c’est égalité des moyens. Et ça ne signifie pas donner un tuteur à un bac +4. À ce stade, les barrières les plus difficiles ont sauté, quand malheureusement beaucoup restent sur le côté. Il faut faire confiance à chacun, donner des moyens du primaire aux filières professionnelles. Nous aurons une égalité des chances quand tout le monde pourra choisir son avenir.
> > > Quelques conseils d’Imane avant la rentrée
À ceux sans formation : Ça demande surtout du forcing, il en existe plein avec de la place.
Même constat pour une alternance ou un stage : Il ne faut pas hésiter à se remettre en question, transmettre CV et lettre de motivation à quelqu’un qui peut relire. Les gens sont bien plus gentils qu’on le croit, nous ne sommes pas seuls. Ne lâchez rien : c’est dur mais ça paye toujours.
Les étudiants pensent qu’ils ont peu à offrir et qu’on a tout à leur donner. Je trouve ça dommage de les voir se rabaisser à créer des CV vidéo quand des entreprises cherchent nos profils. Contentons-nous de ce qui est déjà très valorisant : avoir de bonnes idées, être motivé, un CV et un LinkedIn propres. Il faut travailler le fond plus que la forme.