|
Le Mans. « L’Esprit de Barbara », un café pour « resociabiliser, donner le goût de s’en sortir »... |
3
Samir Tine, directeur de l’association «L’Esprit de Barbara» et employé du CCAS. © Le Maine Libre
Ouvert le 19 juillet, le café solidaire « L’Esprit de Barbara » mise sur l’énergie rencontrée lors du premier confinement. L’initiative avait alors vu naître de grandes distributions alimentaires. Cette fois, autour d’une boisson, il est question de réinsertion sociale et professionnelle.
Derrière son comptoir, Samir Tine, employé du CCAS au Mans, s’improvise cafetier depuis le 19 juillet dernier. Qui l’aurait cru ?
plaisante-t-il.
Chaque bénéficiaire est accueilli avec une boisson chaude et un sourire. Le premier café est offert, le deuxième à dix centimes. Ensuite chacun est libre de donner ce qu’il souhaite
. Mais c’est bien la disponibilité et l’entraide qui priment. Preuve en est, l’aménagement des lieux réalisé uniquement avec du mobilier et de la décoration de seconde main.
Réinsertion sociale et professionnelle
Au 2, bis rue de Bône, dans le centre-ville du Mans, ce nouveau café solidaire accueille tous ceux qui sont dans le besoin et veulent de nouveau s’insérer. L’important c’est de resociabiliser et donner de nouveau le goût de s’en sortir
. Ancien agent pôle emploi, Samir a rapidement vu la nécessité d’aider les plus précaires dans leurs démarches, notamment administratives et numériques. Le confinement a compliqué l’accès à certains services publics. À la salle Barbara, la distribution alimentaire était une nécessité mais très vite nos bénévoles ont aussi dû accompagner socialement. Depuis, cette urgence sociale n’a pas disparu.
+ Témoignages. Étudiante, rappeuse, artiste… Ils ont changé leur vie grâce aux confinements
En plein centre du Mans, la réinsertion sociale et professionnelle est l’objectif premier du lieu : discussions, obtention d’un contrat de travail, aide aux démarches administratives. Il faut simplifier les choses pour les invisibles, nous devons nous appuyer sur le tissu solidaire très puissant de la ville. Seule, notre association ne suffira pas, il faut mutualiser nos forces.

Bénévole, membre de Femmes Solidaires et gérant partagent des viennoiseries après l’atelier tricot du jour. Le Maine Libre
Le directeur de l’association «L’Esprit de Barbara» entend bien faire perdurer le lieu, du nom de la salle qui abritait la distribution alimentaire au premier confinement. En neuf mois, le projet de café solidaire a été monté en coordination avec Yves Calippe, quatrième adjoint délégué à Politique des solidarités et de l’action sociale, ainsi que plusieurs bénévoles. Poufs et canapé bleus, décoration colorée, l’espace a été aménagé uniquement avec du mobilier de seconde main.
Un restaurant solidaire à l’automne
Deux associations, dédiées à la cause des femmes, viennent temporairement à la rencontre des bénéficiaires. « Toutes capables » tient deux permanences par semaine au café solidaire. Ce vendredi après-midi, c’est « Femmes Solidaires » qui organise un atelier tricot. Être ici, ça créé du lien avec ceux qui en ont le plus besoin
, explique Arlette, aiguille et laine à la main.
+ Téléchargez la nouvelle appli des médias du groupe Sipa Ouest-France
Le collectif a conçu 6 000 masques, l’an dernier, en soutien au mouvement de la salle Barbara. Au Mans, elles sont une cinquantaine de membres à œuvrer pour aider les femmes à s’en sortir
face aux violences conjugales et autres luttes.
+ Le Mans. Dans ce nouveau restaurant solidaire, certains clients ne paieront pas
Courant octobre, un restaurant solidaire ouvrira ses portes dans la continuité de « l’esprit de Barbara ».L’idée sera d’aider des bénéficiaires en leur proposant des postes en restauration. Dans un premier temps, ce sera principalement en cuisine. L’endroit permettra aussi de prolonger les échanges autour de bons repas. Les tarifs seront adaptés en fonction des revenus de chacun.
Ouvert du lundi au vendredi : entre 9 h 30 et 12 heures et de 14 heures à 17 h 30.
> > > Paroles de bénéficiaires

Jean-Luc (à gauche) et André sont des visages bien connus des bénévoles. Le Maine Libre
Jean-Luc, 50 ans, en recherche d’emploi. « Je viens ici tous les jours depuis l’ouverture, pour avancer. Au 15 du mois, une fois que les charges sont payées, c’est compliqué financièrement. À la salle Barbara, ça permettait avec ma femme de ne pas rester isolés et de pouvoir bien manger. C’est là -bas que j’ai connu Samir. C’est vrai que j’ai été touché quand ça s’est arrêté fin juin 2020. Maintenant, j’aimerais retrouver un travail, dans les espaces verts ou en tant que livreur ça me plairait bien. Avec le réseau Partage et l’esprit de Barbara on y travaille. »
André, 60 ans, chauffeur livreur en préretraite. « Je viens ici pour rompre l’isolement, discuter. Avec Jean-Luc, nous étions toujours à la même table à la salle Barbara. C’est la seconde fois que je viens ici, au café, mais ça fait du bien qu’un lieu solidaire ait rouvert. »