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Le Mans. Le point sur l’hôpital avec son nouveau directeur, Guillaume Laurent... |
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Guillaume Laurent est le nouveau directeur du centre hospitalier du Mans (Sarthe) depuis le 16 août 2021. © DR
Le 16 août 2021, le nouveau directeur général du centre hospitalier du Mans (Sarthe), Guillaume Laurent, 43 ans, prenait ses fonctions après le départ, en février 2021 de son prédécesseur, Olivier Bossard. Qui est-il ? Quel est son parcours ? Qu’envisage-t-il pour la Sarthe ? Entretien.
Le centre hospitalier du Mans (Sarthe) a accueilli son nouveau directeur, Guillaume Laurent, 43 ans, le 16 août 2021. Il remplace Olivier Brossard, son prédécesseur.
Commençons par une question anecdotique. Quel métier rêviez-vous d’exercer, enfant, et imaginiez-vous, un jour vous asseoir dans ce fauteuil de patron de l’hôpital du Mans, où c’est votre premier poste de directeur général ?
Question piège (rires). Soit journaliste sportif, pour mon goût du sport collectif. Soit garde forestier pour celui de la nature. Enfant, je vivais dans la presqu’île du Cotentin et je suis resté jusqu’à 18 ans. Je viens d’un milieu modeste. Mon père était conducteur d’engins de travaux publics. Ma mère, aide à domicile.
Comment un garde forestier contrarié atterrit-il à ce poste ?
Grâce à de belles rencontres. En juillet 2000, pendant mes études à Sciences Po Rennes, on devait effectuer un stage. Un de mes profs était directeur adjoint à l’hôpital. Il m’a demandé d’enfiler une blouse blanche et d’aller découvrir tous les services. Ça a été mon déclic.
Diplômé de Sciences Po Rennes, puis en 2004 de l’école des Hautes études en santé publique (EHESP). Vous avez exercé des fonctions de directeur au CHU de Tours, au CHR d’Orléans, de Rennes avant de devenir directeur adjoint du CHU de Rouen en 2015. Sur vos épaules pèse aujourd’hui le poids d’un personnel éreinté. Comment gérer cette tension ?
En m’appuyant sur cette expérience de seize ans ! J’ai travaillé dans des structures qui ont toutes des points communs. En sachant qu’à Rouen, nous avons été très concernés par le Covid-19. Les effectifs sont certes fatigués après dix-huit mois de combat, mais en arrivant au Mans, dès mes premiers jours, j’ai senti une énergie ici. Il va falloir la soutenir.
Certains membres du personnel déplorent la dégradation de leurs conditions de travail. Êtes-vous témoins de démissions ? Certaines infirmières, par exemple, font-elles le choix de rejoindre des équipes libérales, par exemple ?
Il y a un turn-over, c’est vrai. Il était présent aussi avant la crise sanitaire. Certaines et certains font même le choix de s’éloigner du milieu médical. Mais c’est plutôt marginal.
Cela fait des années que les élus du territoire remontent leurs manches pour faire venir du personnel médical en Sarthe. Comment être attractif pour le recrutement au Mans ? Allez-vous sortir une soudaine baguette magique de votre chapeau ?
C’est vrai, l’hôpital du Mans a trente postes vacants d’infirmières ou d’infirmiers. Sans compter vingt d’aides-soignants, par exemple. On a un budget pour les recruter. Idem pour les médecins. Je n’ai pas de baguette magique, mais l’union fait la force. Il faut qu’on soit soudé pour attirer du monde. Il faut qu’on travaille tous ensemble avec les collectivités territoriales, les médecins libéraux via l’Ordre des médecins, les cliniques… pour faire un groupe, un pack (J’ai fait un peu de rugby). Il faut proposer des emplois pour les conjoints, repérer les agences immobilières, trouver un cadre pour les enfants, jouer collectif !
Rouvrir des lits en médecine polyvalente est-il un de vos principaux objectifs ?
Oui. Il y a des besoins d’accueillir en aval une population fragile, âgée, pour partie précaire. Cette capacité d’accueil est un point important. Nous avons très prochainement une réunion avec notamment le chef de service de médecine polyvalente. L’idée d’augmenter la capacité de lits est une perspective qu’il faut envisager. Je ne voudrais pas m’avancer mais je pars du principe qu’elle est primordiale.
Quelle est la situation financière du CHM ?
Elle est saine. En 2020, malgré les dépenses importantes liées au Covid-19, il y a eu un léger excédent grâce à la garantie de financement du ministère de la Santé. Elle est donc saine, mais avec une vigilance forte de ma part, en raison des nouveaux bâtiments (Madeleine-Brès et Plantagenêt), qui vont générer des dépenses d’entretien, de chauffage, etc. N’oublions pas également qu’avec les postes vacants de médecins, nous devons compenser par l’intérim qui s’élève à 7 millions d’euros.
Quel est le budget annuel du centre hospitalier du Mans ?
Environs 380 millions d’euros.
Vous avez également été nommé en même temps directeur de l’hôpital du Lude, de Saint-Calais, de Montval-sur-Loir ainsi que de l’Ehpad de Bessé-sur-Braye. Comment allez-vous partager votre temps ?
L’essentiel de mon temps va se situer au Mans. Mais j’ai un rôle de coordination au niveau territorial. À Saint-Calais, il y a un projet de reconstruction du site que je vais suivre. Et heureusement, dans chaque établissement, il y a une direction.