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Le Mans. Inondations à répétition : la Métropole condamnée ?... |
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Devant le tribunal administratif de Nantes, mardi 18 novembre 2025, le propriétaire d’une maison au pied des remparts demandait réparation des inondations provoquées, selon lui, par l’imperméabilisation du parking Louis-Blanc, rue Denfert-Rochereau. Photo d’illustration. © Archives Ouest-France
Impacté par la construction d’un parking, quai Louis-Blanc, au Mans (Sarthe), un habitant a demandé 189 000 € de réparation devant le tribunal administratif de Nantes, mardi 18 novembre 2025.
Un peu plus de trente ans après les crues historiques de la Sarthe et de l’Huisne en 1995, la question sensible de la gestion des eaux au Mans s’est invitée à la barre du tribunal administratif de Nantes (Loire-Atlantique) ce mardi 18 novembre 2025.
Le propriétaire d’une maison au pied des remparts y demandait réparation des inondations provoquées, selon lui, par l’imperméabilisation du parking Louis-Blanc, rue Denfert-Rochereau. À cinq reprises, entre 2005 et 2018, il n’avait pu que constater une montée des eaux d’une trentaine de centimètres dans son habitation.
Il avait fini par saisir la justice administrative pour rechercher une éventuelle responsabilité de la Métropole et obtenir réparation, chiffrant ses préjudices à 189 000 €, pour l’essentiel, le coût de « construction d’un deuxième garage » hors d’eau permettant de sécuriser ses biens en cas de crue.
« L’anxiété d’une nouvelle inondation »
L’expert avait trouvé trois causes à ces inondations à répétition : « La configuration du réseau en aval, l’insuffisante capacité du collecteur en amont, et la saturation des parkings du quai Louis-Blanc. » Il avait conclu à un « dommage résultant d’un vice de conception des ouvrages publics, en l’absence d’un bassin d’orage ».
Une analyse reprise à son compte par la rapporteure publique ce mardi à l’audience. Cette magistrate indépendante, dont l’avis éclaire la décision finale des juges, préconise de retenir une « responsabilité sans faute » du Mans Métropole, synonyme d’indemnisation des préjudices.
Mais la satisfaction du requérant risque de n’être que très partielle. La rapporteure écarte le remboursement du deuxième garage qui n’est pas jugé nécessaire. Elle ne juge fondée que la mise à la charge de la Ville de 2 000 € de frais de nettoyage, et de 1 000 € au titre du préjudice moral lié à « l’anxiété d’une nouvelle inondation ». Une décision qui ne serait assortie d’aucune « injonction à réaliser des travaux » comme le demandait le riverain. Exécutés en cours de procédure, ils ont, pour l’heure, empêché toute nouvelle inondation.
La décision, mise en délibéré, est attendue dans un mois.