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Le Mans. Deux tombes égyptiennes reconstituées à voir au musée de Tessé... |
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Le musée de Tessé au Mans (Sarthe) présente deux reconstitutions grandeur nature de tombes égyptiennes. Ici, l’une des salles du temple dédié à Néfertari, reine de Ramsès II. © Marc Ollivier, Ouest-France
Il n’y a qu’au musée de Tessé du Mans (Sarthe) qu’il est possible de déambuler dans la tombe grandeur nature de Néfertari, épouse royale de Ramsès II. Un voyage émouvant au cœur de l’exposition dédiée aux rites funéraires.
Imaginez la vallée des Reines, en Égypte, et l’entrée du petit temple d’Abou Simbel. Empruntez l’escalier d’accès à l’hypogée de Néfertari et découvrez les premières salles des offrandes. Au Mans, le musée de Tessé abrite une reconstitution grandeur nature de la tombe souterraine de la grande épouse royale de Ramsès II, ainsi que celle de Sennefer, gouverneur de Thèbes sous le pharaon Amenhotep II. Ces deux fac-similés sont une occasion unique en Europe de s’imprégner des rites funéraires égyptiens.
Tout a commencé par un don de la fondation Kodak-Pathé en 1988. La réplique du tombeau de Néfertari avait été exposée au Grand Palais, à Paris, à la fin des années 1970
, raconte Françoise Froger, conservatrice du patrimoine aux musées du Mans. À l’époque, c’est le maire communiste Robert Jarry qui entreprend les travaux dans les sous-sols de la terrasse du musée de Tessé. Un chantier pharaonique qui s’achèvera en 2001.
Rites funéraires égyptiens
Il s’agit d’un procédé de transfert photographique.
Tout y est consigné, répliqué, dans les moindres détails. Sous la voûte étoilée, les trois salles présentent des chapitres du livre des morts. La descenderie permet d’accéder à la chambre aux quatre piliers où trônait le sarcophage de la reine. Depuis, la vraie tombe a été restaurée, indique la conservatrice. Elle avait été découverte il y a cent ans par des archéologues italiens, mais le tombeau avait été pillé dès l’Antiquité.
Depuis, la momie est introuvable.
Le musée du Mans abrite une autre pépite : la réplique de la tombe de Sennefer, appelée aussi la tombe aux vignes
en raison des décors, et des motifs orientaux au plafond. Elle est encore plus fascinante.
Sur l’un des piliers, le dignitaire a fait représenter sa femme pour l’accompagner vers l’immortalité
. On voit aussi comment auront lieu ses funérailles, c’est une vraie garantie de survie.
250 objets
Depuis 2001, la scénographie a été revisitée et concentrée sur les rites funéraires. Plusieurs objets, sous vitrines, dont certains qui proviennent du fonds archéologique du Louvre, permettent de mieux comprendre l’importance des rituels, avec la présence de cosmétiques dont du khôl
, des amulettes et encore des vases canopes, urnes de conservation des organes.
Une momie est aussi au centre de l’exposition, ramenée d’Égypte par Édouard Dubois de Montulé et offerte au musée en 1799. En 2017, nous lui avons fait passer un scanner. On a alors appris que c’était un homme. Mais nous ne savons toujours pas qui il est, ni de quoi il est mort.
Seule certitude : à la richesse des peintures des cartonnages, il devait s’agir d’une personnalité importante.
La galerie égyptienne du Mans est riche de ses quelque 250 objets, notamment un ensemble remarquable de sarcophages, une stèle, une barque funéraire, etc. À découvrir toute l’année en complément de l’exposition hors norme « Ramsès », à La Villette (Paris), visible elle jusqu’au 6 septembre 2023.
Gratuit. Exposition temporaire : Philippe Cognée, le réel sublimé.