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Le Mans. 40 millions « minimum » pour le cœur des Sablons... |
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« Carrefour doit rester la locomotive commerciale du quartier », selon Christophe Counil. © Ouest-France
L’enveloppe dédiée à rénover le centre commercial des Sablons s’arrondit. La Ville a présenté les grandes lignes du projet, lors d’une réunion aux riverains. La consultation publique se poursuit.
D’abord sept millions d’euros, puis trente, et maintenant quarante. L’enveloppe que la Ville souhaite consacrer à rénover le centre commercial des Sablons prend de l’ampleur, ont pu constater les habitants du quartier, lors d’une réunion publique à L’Espal, lundi 27 septembre 2021.
Par « centre commercial », il faut plutôt entendre « cœur commercial » de ce quartier populaire de 8 000 habitants : Le secteur concerné comprend le grand Carrefour Market et son parking, mais aussi l’immeuble Laffitte (en bordure du boulevard Winston-Churchill et de la ligne de tramway) et le vaste espace situé derrière, sur une partie duquel se tient le marché du jeudi matin.
« Le centre commercial est en perte de vitesse accélérée. Il y a urgence. Si on ne fait rien, il disparaîtra de lui-même, insiste Christophe Counil, adjoint délégué à la ville durable, à l’urbanisme et aux grands projets. Avec quarante millions d’euros, au minimum, c’est le 2e plus important projet du mandat, après la rénovation-extension du palais des congrès. »
À court terme : 2022-2024
Le plan consiste d’abord à créer de nouveaux espaces commerciaux autour du parking de Carrefour (propriété de Le Mans Métropole), « dans l’esprit du Family Village de Ruaudin », compare Christophe Counil. Il faudra construire deux bâtiments et supprimer la station-service. Le parking sera végétalisé. Et l’offre commerciale plus diversifiée. « Pourquoi un centre commercial de plus, quand d’autres vont déjà mal ? », interroge Matthias Tavel, conseiller régional (France Insoumise) et ancien candidat aux élections départementales dans le canton des Sablons. « On n’augmente pas la surface de vente, rétorque Christophe Counil. On la réduit, même. Mais on déplace, on réaménage. »
La Ville compte s’appuyer sur la récente création d’une « foncière de redynamisation », pour racheter des cellules vides et y installer les activités qui manquent au quartier, « comme les brasseries, boucheries traditionnelles ou fleuristes. Si on vise d’abord la clientèle qui vit sur place, il s’agit aussi de faire revenir aux Sablons des Manceaux qui disposent d’un pouvoir d’achat élevé. »
Aux premiers et seconds étages des deux futurs bâtiments, des bureaux. « Le quartier est une zone franche (1), donc attractive. Ceux qui viendront y travailler seront aussi de nouveaux consommateurs. »
À moyen terme : 2024-2025
Trop haut, trop gros, pas beau. « L’immeuble Laffitte, selon les urbanistes, devait être rasé, rappelle Christophe Counil. On souhaite plutôt le racheter et le réhabiliter pour y installer des services, y compris municipaux. Et des associations qui, faute de mieux, occupent des appartements. On peut en faire un très bel immeuble. »
Question : que faire des commerces situés au pied du bâtiment, en contrebas, sous le niveau de la chaussée ? « Les conserver en l’état, les surélever ou les déplacer, la décision reste à prendre », répond l’adjoint.
À long terme : 2026-2027
Le futur visage de l’espace situé derrière le Lafitte et sur l’actuelle place du marché est, à ce stade, en forme de point d’interrogation. « La concertation pour définir ce projet global est lancée. C’est un programme ambitieux, à construire ensemble. » Une « maison du projet », ouverte à tous, sera installée dans l’ancien commissariat de police. Commerçants, propriétaires ou habitants du quartier, chacun est invité à s’exprimer.

L’immeuble Lafitte pourrait accueillir services et pôle associatif. Ouest-France
Rocade
Pour Christophe Counil, « c’est une autoroute qui coupe le quartier en deux. » Pour y remédier, et donner « plus de visibilité au futur centre commercial », les plans d’études présentés lundi soir montrent une rocade métamorphosée en « boulevard de quartier ». Avec une section à deux voies au lieu de quatre, deux giratoires, une limitation à 50 km/h. Afin de permettre aux piétons de traverser « en toute sécurité ». Au risque de créer des embouteillages aux heures de pointe, remarque un riverain. « Ça ne me dérange pas, répond l’adjoint. On ne pense plus la ville pour la voiture. Les piétons ne doivent plus avoir à se terrer dans un tunnel pour traverser. »
(1) Qui offre des avantages fiscaux, exonérations de TVA ou d’impôts.

Pour franchir la rocade, « une autoroute qui coupe le quartier en deux », les piétons empruntent un passage souterrain. Ouest-France