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Le Mans. Une solution pour les commerces désertés... |
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Devant l’ancien restaurant Hong Kong, rue Nationale au Mans (Sarthe), le trottoir est devenu impraticable, voire dangereux, pour les piétons. Ils doivent emprunter un passage protégé entre des barrières. © Ouest-France
La Ville du Mans (Sarthe), la Métropole et Cénovia s’associent avec la Caisse des dépôts pour racheter ces cellules, dont certaines sont vides depuis des lustres. Une trentaine sont déjà ciblées.
Occuper les commerces vides, ces « dents creuses » qui défigurent les rues. C’est l’intention de la Ville et de Le Mans Métropole (Sarthe). Par le biais d’une convention, signée avec Cénovia, société d’équipement, et la Caisse des dépôts et consignations (1), ce jeudi 23 septembre 2021 en mairie, la collectivité entend créer une « foncière de redynamisation commerciale ».
Son rôle : racheter ces cellules commerciales, dont certaines, délabrées, insalubres, sont « fermées depuis une quinzaine d’années », rappelle Stéphane Le Foll, maire du Mans et président de la Métropole. Comment en est-on arrivé là ? « Des propriétaires, qui souvent vivent loin du Mans et se désintéressent du sort de ces biens immobiliers, parce qu’ils en ont les moyens, demandent des loyers beaucoup trop élevés. »
Une trentaine de ces commerces désertés est déjà ciblée en centre-ville, rue Nationale, ou côté gare nord. « Car la gare est une entrée de ville, qui doit donner une bonne image, poursuit le maire. On ne peut plus attendre les bras croisés. On agit. » L’état de certains l’impose : comme l’ancien restaurant Hong Kong et son voisin, un salon de coiffure, qui menacent ruine. « Il a fallu installer des barrières pour protéger les piétons. Ça ne peut plus durer. »
« Négociations » en vue
Propriétaire de locaux, la collectivité pourra les mettre à la disposition de commerçants ou entrepreneurs, contre un loyer plus accessible. Mais cette foncière sera aussi un « outil de pilotage de l’évolution commerciale », souligne Eric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations. Elle permettra ainsi de choisir quel commerce, ou service, installer. « On évitera de laisser faire le marché de l’offre et de la demande, prévoit Stéphane Le Foll. Il favorise les franchises et autres fast-foods qui eux, peuvent se permettre de payer des loyers élevés. »
Reste que le rachat de ces coquilles vides s’annonce semé d’embûches. Il faudra retrouver les propriétaires et mener des « négociations » avec ceux qui ne veulent pas vendre, mais louer. Certains locaux appartiennent d’ailleurs à plusieurs personnes, en indivision. D’autres nécessitent de lourds travaux.
Les premières acquisitions sont toutefois prévues pour la fin de l’année ou début 2022. La convention s’étend sur une durée de six ans.
Buffet de la gare : le maire ne digère pas
« Le buffet de la gare avait une identité. Il a été détruit, il n’y a plus rien. » Enfin si, une supérette et un fast-food. C’était en 2017, mais Stéphane Le Foll ne l’a toujours pas digéré. « Ça ne me plaît pas. Je ne comprends pas. Je l’ai dit à l’époque au directeur de la gare. Ils ont choisi la facilité. » Pour l’élu, ce réaménagement est « un raté. On ne peut plus continuer à agir ainsi. »
Manager de centre-ville
Constitué le 18 juin 2021, l’office de commerce et d’artisanat avait annoncé son recrutement en septembre. C’est chose faite, après sélection parmi une dizaine de candidats. Il s’agit d’un homme, mais son CV n’a été encore été communiqué. Son rôle : renforcer l’attractivité et centre-ville.
(1) Institution financière qui gère les fonds du livret A des Français. Elle comprend la Banque des territoires, connue comme la banque des collectivités locales.