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Le Mans Métropole vote 76 millions d’euros pour des tramways plus longs... |
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Des travaux d’adaptation du centre de maintenance seront nécessaires. © Archives Ouest-France
Les élus de Le Mans métropole (Sarthe) ont approuvé, ce jeudi 11 avril 2024, l’allongement des rames du tramway. Un investissement critiqué par l’opposition, qui a voté contre.
Pour faire face aux pics de saturation du tram, Le Mans Métropole a choisi de rallonger les rames. Ne pouvant augmenter davantage le cadencement, c’est la solution retenue par la collectivité et son assemblée, qui a approuvé, ce jeudi 11 avril 2024, le programme définitif. L’enveloppe financière globale est arrêtée à 76 768 000 €.
Le parc du tramway est actuellement constitué de 34 rames de 32 m, composées de cinq modules. Il est prévu l’acquisition de deux modules complémentaires par rame pour atteindre une longueur de 44 m. La première rame allongée sera livrée par Alstom au Mans en février 2026, pour une mise en circulation commerciale à l’été 2026. Les 33 autres rames seront progressivement allongées directement dans les locaux du centre de maintenance de la Setram jusqu’à fin 2027.
Objectif : 40 % de passagers supplémentaires, soit 85 passagers de plus par convoi. Des travaux d’adaptation du centre de maintenance seront nécessaires, tout comme l’allongement des stations. Pas toutes car certaines, comme Jacobins, République, Gares et Saint-Martin, sont déjà dimensionnées pour des unités de 44 m. « Je crois me souvenir qu’à l’époque, c’est la baisse de subventions de l’État qui avait poussé la Métropole à choisir des rames moins longues », a précisé Stéphane Le Foll, maire du Mans.
Pas de vote unanime
À l’exception d’Alexis Braud, le groupe Écologiste et citoyen a voté contre, Olivier Ruchaud pointant les hausses successives de ce projet. Dans ce dossier, promesse de campagne de Stéphane Le Foll lors des dernières élections municipales, il est vrai que la facture, initialement estimée à 40 millions, n’a cessé d’augmenter. Christophe Rouillon, délégué aux finances, a souligné que la Métropole, en bonne santé financière, peut se permettre l’investissement.
« J’espère que vous assumerez plus tard, a lancé Stéphane Le Foll à l’opposition. C’est comme pour les chronolignes, il faut savoir ce que l’on veut. Il faut du matériel adapté si l’on veut atteindre 30 millions de passagers par an dans le réseau de transport en commun. »
Dans le sillage du président, Christophe Counil, délégué aux grands projets d’urbanisme, a dénoncé « une prise de position consternante vu l’urgence climatique. Dans notre territoire, la circulation automobile est la principale émettrice de gaz à effet de serre. Si nous avions suivi votre raisonnement à l’époque, Le Mans n’aurait pas de tramway. »
Ce vote contre apparaît risqué pour l’opposition. Depuis son lancement, en 2007, le tram est plébiscité par les habitants et représente plus de 60 % des trajets effectués sur le réseau.