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Le Mans. Harcèlement scolaire : le lycéen rescapé raconte son enfer

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photo le manceau benjamin brier, qui a surmonté des mois de brimades dans son entourage scolaire, ne veut plus cacher ce qu'il a enduré. © franck dubray - ouest france 1

Le Manceau Benjamin Brier, qui a surmonté des mois de brimades dans son entourage scolaire, ne veut plus cacher ce qu'il a enduré. © Franck Dubray - Ouest France

Face à un environnement scolaire trop difficile, Benjamin Brier a failli, comme tant d’autres jeunes, se donner la mort. Sauvé par trois policiers, le jeune homme de 17 ans, originaire du Mans, veut maintenant raconter son calvaire et entamer un combat.

Victime de harcèlement scolaire en raison de son homosexualité, Benjamin Brier craque, un jour de mars 2016, et saute d’un pont. Il doit la vie à une patrouille de police. Le lycéen de 17 ans commence alors un long travail de réflexion sur lui-même et sur ses rapports aux autres.

Il peut maintenant témoigner de son expérience, sur les réseaux sociaux et même devant des classes.

Sauvé par des policiers

Une chute de quelques mètres, puis l'eau froide : ce vendredi 11 mars 2016, Benjamin Brier est en passe d'en finir avec son interminable et silencieux calvaire. Il est presque midi, au Mans (Sarthe), quand le jeune homme de 17 ans décide de mettre fin à ses jours. « J'ai marché jusqu'au pont de Pontlieue, avenue Jaurès, et mis mes écouteurs de musique. Au moment de sauter, j'ai ressenti une liberté totale, aucune angoisse. »

C'est grâce à une patrouille de police que Benjamin est toujours en vie. Les trois hommes retirent de la rivière le corps inerte du jeune homme, en hypothermie mais finalement tiré d'affaire. Le début d'une nouvelle vie pour Benjamin, trop longtemps écartelé entre deux désirs, vivre et mourir : « Dans l'ambulance, ça m'a fait drôle d'entendre parler de moi comme si j'étais mort, comme si je n'étais pas là. Il me semblait que je criais de toutes mes forces et pourtant, aucun son ne sortait de ma bouche. À l'hôpital, je me souviens que la douleur du lavage d'estomac, je l'ai prise comme un retour vers la vie. »

Un quotidien fait de brimades et d'insultes

Deux ans plus tôt, dans un lycée professionnel du Mans, Benjamin a servi de souffre-douleur. Un quotidien fait de brimades et d'insultes. « Je cherchais à cacher mon homosexualité, et ma famille n'était pas au courant. Je niais, et je réagissais parfois violemment aux provocations. Les enseignants eux-mêmes me disaient que c'était des gamineries. On m'a même conseillé de prendre un médicament parce que j'avais mal à la tête ! »

La journée est souvent une épreuve pour Benjamin : il retrouve régulièrement son prénom et son numéro de portable affiché dans les toilettes du lycée ; on fait des montages avec son visage sur un corps de cochon... Il fait même l'objet d'un pari entre deux garçons, l'un d'eux se faisant fort de lui faire « avouer » son homosexualité.

Le 22 janvier 2015, l'élève se mutile les avant-bras. « Le bizarre », comme on l'appelle, se résigne à penser que tout est de sa faute. Sa mère et sa famille d'accueil sont alors prévenues, personne ne semble comprendre son geste. Dans la classe, certains réfléchissent. Pas tous... La fin de l'année scolaire s'avère encore difficile.

« La mort, j'y pensais »

La rentrée suivante est un soulagement : le jeune homme quitte le lycée pro pour un centre de formation des apprentis. Plus de cursus de cuisinier, mais de serveur. L'entourage familial demeure distant : Benjamin, qui travaille tard le soir, vit dans un foyer de jeunes travailleurs. Il révèle à la classe son homosexualité, mais perd son compagnon, et se fâche avec sa mère.

Son moral se dégrade : « La mort, j'y pensais tout le temps. J'avais des lettres de suicide dans mon sac. Un matin, au lieu d'aller travailler, c'est venu comme une évidence. J'ai posté un message sur Facebook, en remerciant mes patrons. » Ce n'est pas la gare, où il envisage de se précipiter sous un train, mais la rivière qu'il choisit.Gendarmerie et police sont déjà alertées, mais comment trouver le jeune homme ? « Je pense qu'ils ont localisé mon téléphone. D'ailleurs, avant que je saute, il n'arrêtait pas de sonner. Avant, personne ne s'occupait de moi. »

Sa page Facebook (« Harcèlement scolaire, on peut tous s'en sortir »), ouverte voici pourtant trois ans, constitue une vraie thérapie durant son séjour à l'hôpital. Les messages de soutien font du bien. Progressivement, Benjamin se libère, répond aux questions, décrivant sans pudeur son expérience. Catharsis douloureuse mais salvatrice. Il fait confectionner des tee-shirts, avec la mention « Stop au harcèlement scolaire, se taire, c'est laisser faire ». Sa page Facebook affiche désormais son prénom et sa photo, et Benjamin arrête volontiers les passants dans les rues.

« J'ai une meilleure image de moi »

Le 26 avril dernier, des étudiantes en soins infirmiers le sollicitent pour intervenir devant une classe, dans son CFA. Benjamin domine son stress et « le regard de l'autre » : « Le soir, sur ma page, j'ai aussi répondu à des gens qui n'avaient pas osé me questionner en classe. Je me concentre sur ces messages-là et plus sur les attaques, qui m'atteignent beaucoup moins qu'avant. »

Benjamin, qui avoue connaître encore des hauts et des bas, n'a pas osé aller au commissariat. « Je sonne et je dis quoi, devant les gens qui attendent ? Pourtant, je veux remercier ces policiers, et continuer à parler devant des classes. Je suis serveur dans un restaurant de la Sarthe. Travailler m'a donné de l'assurance. J'ai une meilleure image de moi et je sais maintenant que je sers à quelque chose. »

 
Emmanuel CHARLOT.   Ouest-France  

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