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LBN communauté ferme la porte à l’établissement public foncier souhaité par le Conseil départemental de la Sarthe... |
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Les élus de la communauté de communes LBN, à Loué, ont dit non au projet de création d’un établissement public foncier local. © Archives Ouest-France
Après un vote d’avis de principe défavorable en juin 2025, les élus de la communauté de communes LBN communauté ont maintenu leur position et ont voté contre la création d’un établissement public foncier local sarthois.
Le Conseil départemental de la Sarthe porte un projet de création d’un établissement public foncier local (EPFL). Aujourd’hui, cette structure existe déjà mais elle est conjointe à la Mayenne. La Sarthe souhaite prendre son indépendance pour accompagner des projets qui pour l’heure ne peuvent aboutir faute d’un équilibre financier, lié à un besoin de déconstruction ou de dépollution. L’idée du Conseil départemental est de lever une taxe pour constituer une enveloppe de 3 M d’€ en 2026.
En LBN communauté, Brûlon a profité de l’EPFL Mayenne-Sarthe qui lui a accordé un prêt de 200 000 € pour dépolluer la friche industrielle de l’îlot du Prieuré. « Cette création entend répondre à un besoin des petites communes, assure Catherine Paineau, élue à Loué mais aussi conseillère départementale. L’objectif est d’apporter un service pour que des projets aboutissent. »
Ce discours n’a pas trouvé d’écho favorable auprès des élus de LBN communauté. Pour Marcel Geslot, le maire de St-Christophe-en-Champagne, « on est à côté de la plaque. » Guillaume le Teil, premierr adjoint à Joué-en-Charnie, y voit un moyen « pour le Département de trouver de l’argent par le biais d’un nouvel impôt. »
Michel Briffault, le maire de Coulans-sur-Gée, a un avis différent. « Cet EPFL peut permettre, par exemple, des acquisitions de ruines, d’intervenir sur des zones polluées. Il y a un réel intérêt selon moi. » À l’opposé, Jean-Louis Morice, le maire de Noyen-sur-Sarthe, ne voit pas d’un bon œil cette nouvelle imposition. « Ce sont aux propriétaires des terrains de dépolluer que je sache. Nous, à Noyen, il y avait quatre stations-service, les propriétaires ont dépollué. Et puis on ne connaît pas aujourd’hui le taux d’imposition dans deux ou trois ans et là , on s’apprête à se servir de la communauté de communes pour lever un nouvel impôt. C’est non ! »
Les petits face aux gros
Comme souvent en LBN communauté, le match petites communes face aux grosses s’est rejoué. « Sur ma commune d’Auvers-sous-Montfaucon, je ne vois pas quoi cet EPFL servirait, affirme Stéphane Bru, le maire. Cela va encore permettre aux plus gros de mener à bien des projets. »
Beaucoup se sont interrogés sur le timing de cette nouvelle imposition qui arrive dans une période peu favorable. Les élus ont décidé de voter contre à une large majorité (22 voix contre, 8 pour et 7 abstentions).