|
La Pique prune, une bière sarthoise de goût... |
1
Nicolas Lebreton, passionné par Goldorak et la bière, est installé comme brasseur artisanal, à Jupilles. © Yanne Boloh
Nicolas Lebreton et sa compagne Mélanie ont démarré le brassage de leur gamme de bières Pique prune à Jupilles, en 2023. Le succès les incite à créer une nouvelle unité de production, au Lude, à l’automne 2024.
Qui dit pique prune ne dit pas uniquement scarabée à protéger mais aussi, désormais, bière sarthoise.
Depuis le printemps 2023, Nicolas Lebreton et sa compagne, Mélanie Barbault, brassent en effet, à Jupilles, des bières artisanales auxquelles ils ont donné le nom de l’insecte qui, du haut de ses 3 cm, a tenu en haleine la construction de l’autoroute A28 traversant la forêt de Bercé durant six ans dans les années 2010.
Sarthois d’origine puisqu’il a vécu jusqu’en 2004 à Laigné-en-Belin, Nicolas Lebreton a découvert la production de bière sur l’île de Ré (Charente-Maritime). Il y a travaillé dix ans dans une brasserie artisanale avant de valider ses acquis par une formation à l’université de la Rochelle. « J’ai ensuite travaillé six ans comme responsable de production à la brasserie du Marais Poitevin », raconte-t-il.
La capacité de fermentation triplée
À l’époque, il rentre un week-end sur deux en Sarthe. « Ma compagne s’est prise au jeu du brassage et nous avons fait goûter notre bière aux amis et à la famille. De fil en aiguille, nous avons décidé de lancer notre propre production. Le succès a été rapide, ce qui nous a incités à investir dans du matériel et, surtout, la rénovation d’une dépendance pour produire », détaille Nicolas Lebreton.
Dix-huit mois après le lancement commercial, il faut pousser de nouveau les murs et l’entreprise va donc déménager au Lude pour investir, cet automne, un bâtiment de 190 m2 avec une option pour 150 m2 de plus dès l’an prochain. Nous investissons dans du matériel de plus grande capacité et des fermenteurs plus nombreux. Nous triplons notre capacité de fermentation, et nous pourrons proposer des fûts dès cette fin d’année
, explique Nicolas Lebreton.
La gamme, déclinée pour l’instant en bouteilles de 33 ou de 75 cl, compte quatre références majeures : la Pique prune blonde, l’ambrée, la blanche dunkel (une blanche « brune ») et la triple. « Elle est plus forte puisqu’elle atteint 9°, et plus appréciée par les connaisseurs en dégustation. Elle est produite comme les autres, mais avec trois fois plus de céréales que la blonde », détaille le maître brasseur.
Vers une certification en bio
Outre son savoir-faire en production, Nicolas Lebreton bénéficie d’une longue pratique en matière de choix des matières premières : l’eau vient du réseau, le malt vient à 90 % de La Flèche et les houblons de Segré, en Mayenne.
Sans oublier les étiquettes également sarthoises, tout comme les cartons
, complète le producteur. Malts et houblons étant bio, la brasserie a entamé sa démarche de certification. Un intérêt aussi pour les drèches, ces coproduits du brassage qui trouvent un débouché en élevage de bovins.