|
La pièce de théâtre « Les Midinettes»  reflète l’histoire locale de Marolles-les-Braults... |
1
Répétition de la pièce « Les Midinettes » © Théâtre des Pays de la Loire
La fermeture en 1999 de la Société marollaise de confection (Somaco) a incité des ouvriers à organiser une manifestation en ville. L’histoire des « Midinettes », représentée par le Théâtre des Pays de la Loire mardi 8 juillet 2025, fait écho à cet événement.
La pièce de théâtre Les Midinettes raconte l’histoire de cinq femmes qui occupent leur usine menacée de fermeture. « Nous avons choisi cette représentation parce qu’elle est en relation avec une page d’histoire de notre ville
ex plique Didier D’Erceville, trésorier de Centre culturel.
 La fermeture était inévitable. Les manufactures de couture en Asie fabriquaient les mêmes vêtements à des prix dérisoiresÂ
note Michel qui a travaillé pendant une dizaine d’années dans l’entreprise Somaco en tant que responsable de production. Â
Au début, en 1973, on était dans la Maison du Parc. Il n’y avait que cinq ouvrières. Dans la bâtisse, on voit encore les prises de courant pour les machines. Plus tard, nous avons déménagé dans la zone d’activité, là où se situent les services techniques de la ville aujourd’huiÂ
se souvient Annick, son épouse, ancienne cheffe d’atelier à Somaco.
De la fabrication de jeans à la lingerie fine
À ses débuts, la Somaco façonnait des jeans pour des groupes comme Lee Cooper, Naf Naf ou Aubert.  Le client nous fournissait tissus, patrons, fermetures et fils. À l’usine, on traçait sur des tables de 12 mètres de long. Le rouleau de tissu pesait 80 kg. On empilait les modèles tracés par taille sur une douzaine de centimètres et coupait avec un tip-top, des ciseaux à lames verticales. Puis chaque ouvrière réalisait une tâche bien particulièreÂ
précise Lucette qui y a travaillé comme couturière pendant vingt ans. En 1986, Somaco commence à avoir des commandes en baisse. Elle se reconvertit en 1987 dans la fabrication de sous-vêtements, caracos, slips et maillots de bain.  Il fallait s’y habituer, le tissu était fragile et se déchiraitÂ
explique la couturière. Une première vague de licenciement arrive en 1994 avec le licenciement de 40 personnes dont Michel. Malheureusement, la pression internationale pousse le directeur Philippe Hache à fermer l’usine de Marolles en août 1999.  En juin, après avoir appris la fermeture de l’usine, nous avons organisé un défilé jusqu’à la mairie. Le temps était exécrable mais on voulait voir le maire de l’époque, Pierre Gascher. On savait qu’il n’y avait plus d’argent et qu’il n’y avait rien à faire, mais on ne voulait pas accepter de disparaître sans rien dire. Ça fait du mal, c’est dur d’y avoir travaillé pendant vingt ans et de se trouver licenciéeÂ
souligne Lucette.
Les Midinettes, présenté par Le théâtre des Pays de la Loire et organisé par le Centre culturel. Mardi 8 juillet à 20 h 30, Place des Tilleuls. En cas de météo défavorable, salle Jean de la Fontaine. Entrée au choix 5 €, 10 € ou 15 €.