La neuropsychologie face aux troubles de l’enfant... |
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La neuropsychologie face aux troubles de l’enfant
Neuropsychologue spécialisée dans la prise en charge des enfants, Ondine Robert (photo) vient d’ouvrir son premier cabinet libéral avenue Mendès-France. Elle y accueille des enfants, majoritairement âgés de 8 à 12 ans, concernés par la dyslexie et autres troubles spécifiques de la « constellation des dys » (dysphasie, dyspraxie, dyscalculie), par les troubles du spectre autistique ou encore les enfants à haut potentiel. Rencontre.
Quel est votre parcours universitaire ?
Ondine Robert : J’ai obtenu une licence de psychologie et un master en neuropsychologie de l’enfant et troubles de l’apprentissage, à Angers, l’un des seuls masters spécifiques à la prise en charge des enfants. Je suis aujourd’hui psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie.
Qu’est-ce que la neuropsychologie ?
En résumé, c’est l’étude de la relation entre les comportements et le cerveau. C’est une discipline assez récente.
En quoi diffère votre approche des enfants de celle des adultes ?
La prise en charge est très différente car le cerveau de l’enfant est en plein développement, avec des spécificités qui lui sont propres, et il n’a rien à voir avec le cerveau d’un adulte qui lui est déjà bien formé et développé. Il faut savoir que le cerveau de l’être humain se développe jusqu’à l’âge de 25 ans. En tant que neuropsychologue, je suis une aide au diagnostic : je ne pose jamais de diagnostic, qui relève de la responsabilité d’un médecin. En revanche, j’établis un bilan neuropsychologique pour dresser un profil précis des capacités de l’enfant, de son fonctionnement, pour pouvoir ainsi adapter son environnement : son école, sa maison…
Faites-vous passer des tests de QI ?
Oui mais pour moi, ça reste un chiffre extrêmement variable, alors je ne le communique pas aux parents. Le QI évolue quand l’enfant grandit, ce résultat est susceptible de changer d’un jour sur l’autre. Tout dépend, par exemple, de la fatigue de l’enfant au moment où il le passe. Néanmoins, il permet de comprendre le fonctionnement verbal, visuospatial, de manière globale.
Dans quels cas les enfants sont-ils amenés à vous consulter ?
Je reçois généralement des enfants avec des troubles d’attention, avec ou sans hyperactivité motrice, ou des enfants avec des questions de haut potentiel, pour ne citer qu’eux.
Quels sont les signes qui doivent alerter les parents ?
Les difficultés scolaires, d’attention ou bien relationnelles ne doivent pas être prises à la légère. Un enfant qui ne parvient pas à rester concentré plus de dix minutes à partir de 7 ans, cela devient problématique, ou encore un enfant qui ne parvient pas à suivre deux consignes à la fois… Souvent, ce sont les enseignants qui donnent l’alerte. S’il y a un changement soudain dans le comportement de l’enfant, une souffrance, un impact sur son quotidien… alors, il ne faut pas hésiter à consulter. Au vu de la situation actuelle, le manque de socialisation, la généralisation du port du masque…
Craignez-vous des conséquences sur le développement neuronal des enfants ?
Oui, il faut savoir que tout apprentissage fonctionne par mimétisme au début. Le tout petit imite l’adulte, or il se passe beaucoup de choses sur le bas du visage, qui est aujourd’hui masqué. Il y a aussi toutes les difficultés à gérer les émotions et les relations sociales qui peuvent devenir problématiques. Les enfants s’adaptent très vite aux mesures sanitaires, ils se sont même « suradaptés » : cela fait partie de leur fonctionnement intégrant et on peut s’interroger sur les conséquences sur le long terme.
Un projet d’école alternative au Mans pour les enfants neuro-atypiques
Un établissement scolaire élémentaire un peu particulier devrait voir le jour à la rentrée 2022 avenue Libération, « L’École Libération ».
Le projet, porté par l’association du même nom, a été imaginé par une Mancelle, Audrey Canal, maman de deux enfants diagnostiqués TDAH (Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité), en quête d’une éducation adaptée à la scolarisation d’enfants porteurs de trouble de l’apprentissage. L’établissement proposera une scolarité suivant le programme du cycle élémentaire de l’Éducation Nationale, trilingue (français, anglais, espagnol), fondée sur les pédagogies alternatives (dont la très connue méthode Montessori). Il accueillera 80 élèves de 6 à 12 ans répartis en 3 classes, 1 classe ouverte à tous les enfants et 2 classes plus adaptées aux enfants neuro-atypiques. Il partagera également ses locaux avec une maternelle Montessori indépendante. Une maison médicale sera intégrée au dispositif. Ergothérapeutes, neuro-pédiatres, pédiatres, orthophonistes sont invités à rejoindre ce projet.
