|
La Flèche, cité du bon roi Henri, au cœur de la vallée du Loir... |
3
La Flèche, dans la Sarthe, possède un riche patrimoine. À gauche, le pont et le château des Carmes font le lien entre les deux rives du Loir. En bas à droite, le site historique de Port-Luneau. © Thomas Brégardis / Ouest-France
Dans la Sarthe, La Flèche invite les visiteurs à la promenade et à la découverte de son riche patrimoine. Marquée profondément par la figure du roi de France et de Navarre Henri IV, la ville s’est notamment développée autour de son collège royal, avant d’essaimer jusqu’au Canada.
Fleuron de ce pays du Loir où se joua une partie de l’histoire de la France, le site de La Flèche (Sarthe) fut très tôt occupé, comme en atteste la découverte d’outils néolithiques mais aussi d’une villa gallo-romaine. Cette dernière et les habitations qui s’y adjoindront peu à peu vont donner naissance à un village médiéval.
Lire aussi : À pied, à vélo, en kayak, en avion : quatre idées pour découvrir La Flèche autrement
Vers 1050, Jean de Beaugency, seigneur du lieu, fait construire une forteresse sur une île du Loir, à l’emplacement de l’actuel château des Carmes. Il fait également ériger un pont afin de contraindre les marchands qui commercent de Blois à Angers à payer des droits de passage.

Le château des Carmes est un incontournable de La Flèche. Archives Ouest-France
Mais La Flèche est souvent menacée par son puissant voisin Foulques le Réchin, comte d’Anjou. Afin de protéger ses domaines, la descendante de Beaugency épouse le petit-fils de Foulques. Ils seront les parents de Geoffroy Plantagenêt, dont la dynastie régnera bientôt sur l’Angleterre. La Flèche restera leur propriété jusqu’à la fin du XIIe siècle.
La légende du roi Henri
Au milieu du XVIe siècle, Françoise d’Alençon, alors Dame des lieux, trouvant le vieux château trop dégradé fait bâtir le « Château-Neuf ». Une légende affirme que les parents d’Henri IV, Antoine de Bourbon et Jeanne d’Albret, conçurent ici le futur roi de France. Il y séjournera d’ailleurs à plusieurs reprises.

Le collège royal de La Flèche est devenu une école militaire au XIXe siècle. Il est aujourd’hui l’un des six lycées de la Défense français. Philippe Cherel / Archives Ouest-France
En 1603, une fois devenu roi, Henri IV décide d’implanter un collège dirigé par la Compagnie de Jésus, les Jésuites. L’établissement, de grande renommée, comptera des élèves célèbres tels que René Descartes. Les étudiants sont alors logés en ville et regroupés selon leur origine géographique, comme en témoignent encore les noms de rue « Lyonnaise » ou des « Lavallois ». Le roi marque durablement l’image de la ville, une statue lui est même dédiée.
D’une bourgade à une cité
Guillaume Fouquet de La Varenne, Fléchois et confident d’Henri IV, va dès lors, avec l’appui royal, transformer la bourgade. La Flèche est désormais le siège d’une sénéchaussée et d’un présidial (tribunal de justice). Il fait restaurer les fortifications, reconstruire le pont sur le Loir, paver les rues.
Lire aussi : Un week-end à La Flèche pour suivre le panache d’Henri IV
L’Empereur reprend en 1808 le flambeau du « bon roi Henri ». La Flèche est choisie pour accueillir dans les bâtiments de l’ancien collège royal, le Prytanée militaire, qui comptera dans ses rangs d’illustres guerriers, parmi lesquels le maréchal Gallieni. Cette importance accordée à l’éducation se retrouve aussi dans l’expérience de Marie Pape-Carpantier, qui deviendra en 1848, Inspectrice générale des écoles maternelles.
La ville se modernise encore : aménagement des quais et du centre, percement de boulevards, arrivée du gaz, de l’électricité, du téléphone et de l’eau courante… La cité est à présent sous-préfecture. Un palais de justice, une gare s’installent. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands font leur entrée dans La Flèche le 19 juin 1940. La ville sera définitivement libérée quatre ans plus tard par l’armée américaine.
Vers le Canada…
Outre cette riche histoire, on doit aussi à La Flèche une étonnante fondation. En 1630, Jérôme Le Royer, ancien élève du collège des Jésuites, se sent investi d’une mission d’évangélisation. Il institue l’ordre des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph et, en 1641, avec d’autres colons, quitte les quais de Port-Luneau pour le Canada. Après deux mois de navigation, ils parviennent au Québec. Le 18 mai 1642, ils fondent Ville-Marie qui deviendra Montréal…
Article publié le 4 décembre 2022, mis à jour et réédité le jeudi 23 février 2023.