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Juigné-sur-Sarthe explore son passé minier pour les 200 ans de l’ouverture de la première concession... |
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Régine Vaillant, présidente de l’association Ans-Traces-Sites, sur les lieux de l’ancienne mine de la Sanguinière, avec une photo d’époque, prise dans les années 1940. © Ouest-France
Samedi 17 et dimanche 18 juin 2023, l’association Ans-Traces-Sites de Juigné-sur-Sarthe, célébrera les 200 ans de l’ouverture de la première concession minière dans la commune. L’occasion de revenir sur ce pan d’histoire du territoire quelque peu oublié.
Il fut un temps où le Pays sabolien était une référence nationale dans la production de charbon. Si les premières traces d’anthracite sont retrouvées du côté d’Auvers-le-Hamon en 1809, les zones de charbon s’étalent sur un très large territoire, plus précisément de Saint-Pierre-la-Cour en Mayenne au bassin de la Vègre en Sarthe. L’équivalent d’une bande de 70 km de long sur 15 km de large. Mais c’est bien à  Juigné-sur-Sarthe que l’anthracite est de très bonne facture.
« En 1822, le roi Louis XVIII accorde la première concession en terres juignéennes. D’autres vont fleurir dans les années qui suivent, ce qui va dynamiser l’économie locale », explique Régine Vaillant, présidente de l’association Ans-Traces-Sites. Au total, l’exploitation du charbon dans cette région aura duré près de 150 ans, les dernières berlines auront roulé jusque dans les années 50.
Quand Kodak-Pathé se fournissait à Juigné
Si aujourd’hui, il est possible de raconter ces histoires, c’est grâce au travail d’Ans-Traces-Sites. « Cette association d’historiens de Juigné-sur-Sarthe est créée en 1995, à la suite d’un projet scolaire de l’école publique sur la vie du village pendant la première moitié du XXe siècle, se remémore Régine Vaillant. Des parents d’élèves qui ont pris part à ce projet ont voulu créer une association pour éviter de perdre tout ce travail. »
Un travail qui prend une autre tournure en 2004 avec l’arrivée d’Henri Massé dans l’organisation. « Henri va faire la découverte d’un plan des mines de Maupertuis daté de 1890 dans les archives de la mairie. Un coup de chance, car ce document n’était pas du tout rangé à sa place. »
Depuis, les recherches autour de l’exploitation de l’anthracite locale font partie intégrante des activités de l’association juignéenne. On y apprend que les lieux-dits de la Roche, Maupertuis, la Cochinière, la Sanguinière et les Saulneries étaient des sites d’exploitation du charbon.
Si certains n’ont pas été ouverts longtemps pour des raisons naturelles, d’autres « ont contribué à la production envers l’État et plusieurs sociétés comme Kodak-Pathé ». L’entreprise, en pénurie de matières combustibles pour ses usines de films photographiques pendant la Seconde Guerre mondiale, était venue en puiser à Juigné-sur-Sarthe.
Encore aujourd’hui, il manque des éléments pour reconstituer entièrement cette partie de l’histoire de Juigné-sur-Sarthe. « Il y aura toujours des découvertes à faire sur ces sites miniers. Il se peut que des Juignéens possèdent entre leurs mains des documents ou des photos de cette époque, qui pourraient nous permettre de faire avancer l’histoire », confie Régine Vaillant.
Un week-end d’animations
Pour célébrer les 200 ans de l’ouverture de la première concession minière de Juigné-sur-Sarthe, l’association Ans-Traces-Sites, avec l’aide des P’tits vignerons et du Rétromobile Club Juigné 72, réservent une belle fête, le samedi 17 et le dimanche 18 juin 2023. Au programme, dans la salle des fêtes de la commune, une exposition (samedi et dimanche, de 14 h à 19 h) et une conférence sur l’histoire des mines sur le territoire du Pays sabolien par Henri Massé (dimanche 10 h).
« Les visiteurs auront la possibilité de découvrir les anciens sites miniers en voiture ancienne, grâce à la présence de Rétromobile Club Juigné 72 », rajoute Régine Vaillant. Le groupe juignéen intitulé Les Rhumantiques se produira à deux reprises samedi soir, à partir 19 h, sur la place de l’Église pour vous faire danser. La reconstitution d’une descenderie de l’époque doit être également mise en place, afin de plonger les visiteurs dans le quotidien des mineurs. Enfin, tout au long du week-end, restauration et rafraîchissements seront proposés.