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Iran : attaques du Hezbollah, riposte israélienne, base britannique touchée… Les dernières infos... |
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De la fumée et des flammes s’échappent de bâtiments situés à Téhéran, au deuxième jour de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, dimanche 1er mars 2026. © Abedin TAHERKENAREH / EPA/MAXPPP
Le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël, la première depuis le début de l’offensive israélo-américaine sur l’Iran. L’État hébreu a riposté et a lancé un ordre d’évacuation en prévision de nouveaux bombardements. Le Royaume-Uni a de son côté annoncé qu’une de ses bases située à Chypre avait été touchée par « une frappe de drone présumée ». On fait le point sur la nuit du dimanche 1er au lundi 2 mars 2026.
Le Hezbollah est entré dans le conflit ouvert entre Israël et les États-Unis d’un côté et l’Iran de l’autre, en tirant missiles et drones vers l’État hébreu dans la nuit de dimanche à lundi. L’armée israélienne a annoncé avoir riposté, tout en menant des frappes « à grande échelle » sur Téhéran, la capitale iranienne.
Les pays voisins sont également touchés, à l’image de Chypre où une base militaire britannique a été visée par « une frappe de drone présumée ».
En réaction, le cours du pétrole a flambé dès l’ouverture des marchés, pour atteindre près de 80 dollars le baril. La navigation dans le détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % de la consommation mondiale d’or noir, est compromise depuis l’éclatement du conflit.
Voici ce que l’on sait de cette nuit de conflit au Moyen-Orient.
Israël bombarde le Liban après des tirs du Hezbollah
L’armée israélienne a bombardé le Liban dans la nuit, en riposte à des tirs du mouvement chiite Hezbollah en direction d’Israël.
Un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) à Beyrouth a entendu de fortes explosions, au moment où l’armée israélienne annonçait frapper des cibles du Hezbollah « à travers le Liban ». Selon l’agence de presse officielle libanaise, des frappes ont visé la banlieue chiite sud de la capitale.
Une porte-parole de l’armée israélienne a également enjoint aux habitants d’une cinquantaine de localités à travers le Liban de quitter leurs maisons et de s’éloigner « d’au moins 1 000 mètres » de toute zone habitée, en prévision de bombardements.
Des habitants du sud du Liban ont par conséquent commencé à fuir massivement la région lundi matin, a constaté un journaliste de l’AFP. Un trafic important de véhicules transportant des familles, certains avec des matelas attachés au toit, a convergé de toute la région vers la ville de Saïda.
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Plus tôt, le Hezbollah avait confirmé avoir lancé une attaque sur Israël, la première depuis le déclenchement de l’offensive israélo-américaine de grande envergure contre l’Iran. Dans un communiqué, le mouvement libanais soutenu par Téhéran a dit avoir lancé « une salve de missiles et un essaim de drones » dans la nuit « en représailles au sang pur […] d’Ali Khamenei […] et pour défendre le Liban et son peuple, ainsi qu’en réaction aux attaques répétées d’Israël ».
L’armée israélienne, de son côté, a dit avoir intercepté l’un des projectiles, tandis que d’autres sont tombés « dans des zones dégagées » sans faire ni victime ni dégât. « L’organisation terroriste Hezbollah agit pour le compte du régime iranien », a-t-elle affirmé.
Les tirs en direction d’Israël ont été condamnés par le Premier ministre libanais Nawaf Salam. « Peu importe qui est derrière, les tirs de roquettes depuis le sud du Liban sont un acte irresponsable et suspect qui met en danger la sécurité du Liban et donne à Israël des excuses pour continuer ses attaques contre ce pays », a écrit le chef du gouvernement sur le réseau social X, en promettant d’« arrêter les coupables ».
Le Royaume-Uni fait état d’une « frappe de drone présumée » sur une base à Chypre
« Nos forces armées réagissent à une frappe de drone présumée sur la base de la Royal Air Force à Akrotiri, à Chypre, survenue à minuit » locales (23 h en France), a déclaré tôt lundi un porte-parole du ministère britannique de la Défense. « Notre dispositif de protection dans la région est au niveau le plus élevé », a-t-il ajouté.
Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat.
La base d’Akrotiri, territoire britannique d’outre-mer depuis l’indépendance de Chypre en 1960, est la plus importante base militaire du Royaume-Uni dans la région. Londres y a récemment déployé des moyens supplémentaires, y compris des systèmes de défense anti-aérienne et antidrones, des radars et des avions F-35.
Le Royaume-Uni a accepté que les États-Unis utilisent des bases militaires britanniques pour frapper des sites de missiles iraniens, a par ailleurs annoncé le Premier ministre Keir Starmer dimanche, affirmant que Londres ne participerait pas à « des actions offensives en Iran ».
« Nous nous souvenons tous des erreurs commises en Irak et nous en avons tiré les leçons », a souligné le chef du gouvernement britannique. Mais « l’Iran s’en prend aux intérêts britanniques et met en grave danger ses ressortissants » et ses alliés dans la région, a ajouté Keir Starmer. « La seule façon de mettre fin à la menace est de détruire les missiles à la source – dans les dépôts de stockage ou les lanceurs qui servent à tirer ces missiles. »
Le pétrole flambe à plus de 80 dollars le baril
Les prix du pétrole ont flambé lundi à l’ouverture des marchés, le conflit engagé par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et ses répercussions au Moyen-Orient faisant redouter de graves perturbations de l’offre de brut.
Vers 1 h 45 GMT (2 h 45 en France), le baril de Brent de la mer du Nord s’envolait de 5,15 % à 76,62 dollars, modérant ses gains après avoir ouvert en hausse de 13 % à 82 dollars après le week-end. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain gagnait 4,82 % à 70,24 dollars.
Le Brent, référence internationale de l’or noir, avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique pour s’afficher à 72 dollars vendredi, loin des 61 dollars du début d’année. Après l’attaque de deux navires dimanche au large des Émirats arabes unis et d’Oman, l’Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à « éviter » la région. Le prix des assurances devient prohibitif, et les principales compagnies ont confirmé suspendre leur passage.
Conséquence, le transport maritime via le détroit d’Ormuz, par où transite quelque 20 % de la consommation mondiale de pétrole (environ 20 millions de barils par jour) est de facto suspendu.
En théorie, les pays importateurs de pétrole disposent de réserves, les membres de l’OCDE devant maintenir 90 jours de stocks de pétrole. Mais des cours à plus de 100 dollars ne sont pas exclus en cas de fermeture prolongée du détroit et d’attaques contre les installations pétrolières de la région.
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Sept blessés dans la région de Jérusalem
Sept personnes ont été blessées dimanche soir dans la région de Jérusalem après des tirs de missiles iraniens, selon les pompiers israéliens.
« Les sapeurs-pompiers du district de Jérusalem interviennent actuellement sur un site d’impact situé sur un axe routier […] de la région de Jérusalem », indique un communiqué du service national des secouristes. « Sept blessés présentant des degrés de gravité variables ont jusqu’à présent été évacués pour recevoir des soins médicaux », ajoute le texte, un chiffre confirmé par deux hôpitaux de la Ville sainte.
Vers 20 h 40 GMT (21 h 40 en France), des journalistes de l’AFP ont vu plusieurs explosions dans le ciel de Jérusalem correspondant à des interceptions de missiles par la défense antiaérienne israélienne.
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Quatre blessés en Syrie après l’interception par Israël d’un missile iranien
Un homme et ses trois filles ont été blessés dimanche dans la province de Damas, en Syrie, par les débris d’un missile iranien intercepté par l’armée israélienne dans l’espace aérien syrien, a annoncé l’agence officielle syrienne Sana, citée par l’AFP.
« Quatre personnes, un père et ses trois filles, ont été blessées » et prises en charge à l’hôpital, a indiqué l’agence, citant un responsable du ministère de la Santé.
Israël a intercepté plusieurs missiles au-dessus de la Syrie, selon une source au sein du ministère de l’Intérieur. Les journalistes de l’AFP à Damas ont entendu une forte explosion en milieu de journée. Elle était due à l’interception d’un de ces missiles, a indiqué cette source, tout comme d’autres détonations la nuit précédente.
« L’Amérique va venger ses morts », annonce Donald Trump
Donald Trump a tenté dimanche de justifier l’opération militaire contre l’Iran par le besoin d’assurer la sécurité à long terme de l’Amérique, et a voulu préparer l’opinion publique à des pertes supplémentaires, après le décès de trois militaires.
« Malheureusement il y en aura probablement d’autres avant la fin. C’est comme ça », a déclaré le président américain dans une vidéo publiée sur sa plateforme Truth Social, réagissant à l’annonce de ces morts. Il a affirmé, dans cette courte allocution au ton solennel : « L’Amérique va venger ses morts et porter le coup le plus sévère sur les terroristes qui ont déclaré la guerre contre, fondamentalement, la civilisation. »
« Je viens juste d’être informé que nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, pour certains relativement grands et importants. Nous traquons le reste », a-t-il écrit par ailleurs sur son réseau Truth Social. « Dans une attaque différente, nous avons en grande partie détruit leur quartier général maritime. »
Dans une courte interview au New York Times, le président américain a également révélé avoir « trois très bons » candidats pour diriger l’Iran. Interrogé sur qui il souhaiterait voir à la tête du pays, il a répondu : « J’ai trois très bons choix. » Avant d’ajouter : « Je ne les dévoilerai pas pour l’instant. »
Donald Trump n’est pas apparu en public depuis le début de la guerre, annoncée dans un message vidéo enregistré, pas plus que le chef du Pentagone Pete Hegseth ou le chef de la diplomatie Marco Rubio. Ces derniers se rendront mardi au Congrès pour informer les parlementaires du déroulement de l’opération militaire contre l’Iran, a fait savoir la Maison Blanche dimanche.
Source : Maville.com