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INFO OUEST-FRANCE. Après les coupes de 2025, les Pays de la Loire rabotent le budget de quinze millions d’euros en 2026... |
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Le vote du budget en décembre 2024 au Conseil régional des Pays de la Loire. © Archives Jérôme FOUQUET / OUEST FRANCE
Comme annoncé par la présidente (Horizons) Christelle Morançais à l’automne 2024, la Région Pays de la Loire poursuit sa stratégie de baisse des dépenses de fonctionnement. Après les 82 millions d’euros de coupes de 2025, 15,6 millions d’euros de diminution sont prévus dans le budget 2026, principalement en subventions. L’opposition de gauche réagit.
C’était le 20 décembre 2024. Après des semaines de polémique, la Région Pays de la Loire adoptait un budget sous haute tension. Il entérinait 82 millions d’euros d’économies de fonctionnement, la majorité de droite et du centre souhaitant privilégier les investissements et freiner l’endettement. Une stratégie qui avait amputé les ressources des associations dans la culture, le sport, l’égalité hommes-femmes, la santé et l’environnement.
La présidente (Horizons) Christelle Morançais l’avait alors annoncé : cette politique, elle avait l’intention de la poursuivre, prévoyant 101,21 millions d’euros de coupes budgétaires d’ici à la fin du mandat, en mars 2028. Sans surprise, donc, le budget 2026 annoncera 15,6 millions d’euros de baisse supplémentaire de dépenses de fonctionnement, un chiffre qui concerne principalement la poursuite des suppressions de subventions aux associations et autres structures partenaires.
« Le narratif de Christelle Morançais »
Côté investissement, une légère baisse est annoncée par la majorité : le budget devrait s’élever à 510 millions d’euros, contre 517 millions en 2025. Lucie Etonno, cheffe de file de l’opposition écologiste (et insoumise) y pointe une contradiction :  Le narratif de Christelle Morançais, c’est pourtant de couper dans le fonctionnement pour investir. Elle avait annoncé 530 millions d’investissement en octobre. Par ailleurs, elle fustige la dette de l’État, mais l’encours de dette régionale augmente.Â
 D’après les projections de la Région, la capacité de désendettement, c’est-à -dire le temps qu’il faut pour rembourser les emprunts, devrait passer de 8 ans en 2025 à 9,7 à 2026.
« Si on n’avait pas agi pour réduire les dépenses, nous serions à 12,8 années, un ratio intenable, répond l’entourage de Christelle Morançais. L’État ponctionne nos recettes, on doit faire mieux, avec moins. C’est ce qui nous permet, par exemple, de continuer à investir 120 millions par an dans les lycées. »
Le projet de loi de finances 2026, débattu au sommet de l’État, devrait prévoir, comme l’an dernier, une contribution des collectivités locales pour réduire la dette nationale. Une contribution que la Région estime à 27,5 millions d’euros, la concernant.
« Question de choix idéologique »
Malgré cela, la Région ne touche pas aux impôts. Elle n’augmentera pas la taxe sur les cartes grises et n’appliquera pas le prélèvement mobilité, une nouvelle taxe sur les employeurs. Collectivité voisine, la Bretagne, table à l’inverse sur ce prélèvement mobilité qui lui rapportera 18 millions. Les recettes qui s’effondrent, ça n’a jamais eu lieu, en fait »,
estime le conseiller régional socialiste Stéphane Ibarra. Cet élu vendéen déplore le manque de soutien aux investissements des collectivités locales pour relancer, par exemple, « la construction et la rénovation énergétique. C’est une question de choix idéologique ».
Le vote du budget régional, prévu le 18 décembre, à Nantes, sera aussi l’occasion de faire le point sur les suppressions de postes annoncées l’an dernier au sein de la Région. D’après nos informations, 31 postes ont déjà été supprimés, sur les 100 prévus.