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Influenza aviaire : pourquoi la vigilance monte d’un cran... |
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Avec l’élévation du niveau de risque lié à la grippe aviaire, le parcours extérieur des volailles devra être réduit mais les animaux pourront quand même sortir des bâtiments. © OUEST FRANCE
La France place son territoire en niveau « élevé » lié au risque d’influenza aviaire, pour renforcer la protection des élevages. Mais les agriculteurs, déjà habitués aux mesures de biosécurité, abordent la situation avec philosophie.
De « négligeable », le niveau de risque lié à l’Influenza aviaire hautement pathogène était déjà passé à « modéré » la semaine dernière, mais ce mercredi 22 octobre, il atteindra son plus haut échelon : « élevé ».
L’arrêté paru hier mardi au Journal officiel précise en effet qu’il convient de relever la vigilance d’un cran, étant donné la « possibilité de diffusion du virus aux oiseaux détenus par les oiseaux migrateurs ». Les détections chez ces dernières espèces se sont multipliées récemment en Espagne et en Allemagne, mais aussi en France.
Si, cet automne, le déclenchement de ce niveau survient plus tôt que les années précédentes, où il n’était généralement activé qu’en novembre, voire décembre, il ne constitue pas en soi une surprise, les oiseaux migrateurs survolant actuellement le pays.
Les producteurs de volailles, déjà habitués à des mesures de biosécurité strictes (sens de circulation, désinfection…), restent donc prudents, mais plutôt confiants, même s’ils doivent revoir certaines conditions d’élevage, de transport…
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Dans une partie des Pays de la Loire par exemple, considérée comme étant une zone à plus fort risque de diffusion, les palmipèdes doivent être dépistés en cas de mouvements entre deux élevages.
Des mesures sont aussi applicables pour les oiseaux élevés en plein air, qui peuvent sortir en extérieur mais sur un parcours plus réduit qu’habituellement, notamment pour limiter le risque de contacts avec des cas sauvages.
Ces conditions de « mise à l’abri » (pas forcément synonymes de mise « sous abri ») avaient été assouplies il y a deux ans. « La réintroduction du virus dans les territoires ne vient pas de nos élevages », arguent les producteurs de plein air, soulagés de ne pas devoir procéder à l’enfermement de leurs animaux.
« Nos poules ne sont pas faites pour rester dans un bâtiment », explique Gwennaëlle Roussel, éleveuse en Mayenne.
« Je ne supporterais pas de voir mes volailles enfermées, ajoute Fabien Lefol, qui élève des poules pondeuses dans le même département. Mais comme il nous est demandé de réduire le parcours extérieur, j’ai installé une clôture qu’il me suffit de fermer. C’est un bon compromis. »
Une vaccination obligatoire, mais qui pour la financer ?
Depuis le 10 octobre 2025, quatre foyers d’IAHP ont été confirmés dans des élevages de volailles et trois foyers dans des basses-cours, notamment dans une basse-cour d’une trentaine d’oiseaux située près de Fontenay-le-Comte, en Vendée et dans un élevage de dindes de plus de 10 000 têtes près de Châteaubriant, en Loire-Atlantique.
Ces deux derniers hivers, si plusieurs foyers avaient été déplorés, l’influenza aviaire avait pu être maîtrisée dans les élevages français, notamment grâce à la vaccination obligatoire des canards, seuls oiseaux à être vaccinés car particulièrement réceptifs au virus.
Mais depuis la première campagne en 2023, prise en charge à 85 % par les pouvoirs publics, la part financée s’est réduite et les producteurs de canards doivent désormais supporter 60 % du coût. Des négociations se poursuivent avec l’État et, dans une moindre mesure, entre les différentes filières de production de volailles. Mais le sujet d’une répartition plus solidaire du financement ne semble pas faire consensus aujourd’hui.