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Indicateurs de résultats des lycées : qu’est-ce qu’un bon lycée ?... |
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En 2021, le taux de réussite au baccalauréat s’est élevé à  93,7 %. Il était de 97,5 % dans la voie générale, 93,9 % en technologique et 86,6 % en professionnel. © archives Le Maine Libre
Le ministère de l’Éducation nationale publie ce mercredi 23 mars 2022 les indicateurs de résultats des lycées pour l’année 2021. Ils renseignent sur la capacité d’un lycée à accompagner ses élèves de seconde jusqu’à l’obtention du baccalauréat.
Qu’est-ce qu’un bon lycée ? Le plus élitiste ? Celui qui affiche le plus fort taux de réussite au baccalauréat et le plus grand nombre de mentions ? Ou au contraire celui qui ne se sépare pas de ses élèves malgré leurs faibles résultats à l’issue de la seconde et qui redonne goût aux apprentissages et confiance en soi ?
Difficile de le savoir tant la réponse est subjective selon les familles. Pour y voir plus clair, le ministère de l’Éducation nationale publie sur son site ce mercredi 23 mars 2022 les indicateurs de résultats des lycées (Ival), publics et privés, en 2021. Plus intéressants que le seul taux de réussite au bac, ils renseignent sur la capacité d’un lycée à accompagner ses élèves de seconde jusqu’à l’obtention du baccalauréat, quel que soit le nombre d’années pour y parvenir.
Les Ival tiennent compte de plusieurs critères : taux de réussite, mention, taux d’accès de seconde, de première et de terminale au baccalauréat, c’est-à -dire la probabilité qu’un élève obtienne le baccalauréat à l’issue d’une scolarité entière dans l’établissement, y compris en redoublant.
Autre indicateur intéressant, le taux de réussite attendu du lycée en fonction du profil de ses élèves (origine sociale, niveau scolaire à la sortie du collège, etc.) et de son offre de formation. Certains lycées (Bellevue au Mans par exemple) proposent seulement une voie générale. Si à l’issue de son année de seconde un élève est orienté en voie technologique ou professionnelle, il devra quitter l’établissement. Au contraire, dans les lycées disposant des trois filières (générale, technologique et professionnelle), il est plus facile de réorienter un élève à l’issue de sa seconde en le gardant dans ses effectifs.
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Un outil de travail
Dans le département, les familles tiennent peu compte de ces résultats. En général, ils font le choix de la proximité
, observe Gilles Noël, proviseur au lycée Robert-Garnier, à La Ferté-Bernard. Mais du côté des chefs d’établissements, cette analyse fine des résultats est un véritable outil de travail. On est toujours heureux quand les résultats sont positifs mais quand il y a une moins value, on s’interroge et on travaille à la mise en place de nouveaux projets pour accompagner au mieux nos élèves
, explique Catherine Vélain, proviseure au lycée Le Mans Sud. C’est le cas cette année encore pour ce lycée en voie générale et technologique (-14 points). En revanche, en filière professionnelle, l’établissement a obtenu 87 % de réussite au bac, un peu au-dessus de la moyenne nationale (86,6 %). Mais ce qui est surtout intéressant à observer, c’est le taux d’accès au bac de ses élèves arrivés en seconde, 77 %, alors que le taux espéré par le ministère de l’Éducation nationale était seulement de 68 %.
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« Avoir le bon bac »
Neuf points de valeur ajoutée qui s’expliquent par le travail mis en œuvre dans l’établissement pour aider à la réussite scolaire. Ici, les lycéens en difficulté bénéficient de tutorat individuel, dans une discipline ou une compétence (autonomie, méthode, etc.), et un gros travail est fait sur la réorientation. Il ne s’agit pas d’avoir seulement le bac mais le bon bac
, insiste la proviseure. Et d’être dans une filière dans laquelle on se sente bien.
Pendant la crise sanitaire, l’établissement a été particulièrement attentif à ses lycéens en voie professionnelle. On a fait le choix de conserver l’enseignement en présentiel à 100 %
. Éloignés du numérique, moins autonomes que leurs camarades des voies générales et technologiques, ils avaient besoin d’être davantage accompagnés.
Un choix payant, le lycée Le Mans sud ayant gagné quatre points entre les attendus et les résultats effectifs de ses élèves de terminale ayant obtenu le baccalauréat en 2021.
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« Redoubler n’est pas un échec »
L’orientation, le lycée Robert-Garnier, à La Ferté-Bernard, y est également très sensible. Des mini-stages de trois jours sont proposés quand on sent un élève perdu. Il peut en effectuer plusieurs dans les différentes formations que l’on propose, en seconde mais également en première
, explique le proviseur. Quand on a de la place dans nos filières et que le projet de l’élève est cohérent, on accepte toujours la réorientation. Notre objectif est de maintenir les jeunes au lycée jusqu’à l’obtention de leur bac. Ce n’est absolument pas un échec de décrocher son diplôme en 4 ans.
Pendant les deux années de Covid-19, le lycée n’a pas lâché ses élèves. L’enseignement hybride a engendré un surcroît de décrocheurs. On a maintenu le lien en travaillant avec les familles.
Appels téléphoniques, courriers, on s’est même déplacés chez certains pour leur apporter les cours
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Avec 91 % de réussite en voie professionnelle, son établissement est bien au-dessus de la moyenne nationale. Surtout, il affiche une plus value de 11 points dans l’accompagnement des lycéens arrivés en seconde au lycée Robert-Garnier et y ayant obtenu leur baccalauréat. Nous tenons compte de tous les tableaux de bord dont nous disposons, les Ival bien sûr mais aussi les évaluations de seconde en mathématiques et en français, pour détecter le plus tôt possible les difficultés rencontrées par nos élèves et les aider à progresser
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