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Il présente deux films sur sa mère adoptive, l’océanographe Anita Conti... |
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Laurent Girault-Conti s’est installé à Ingrandes en 2022. © Ouest-France
Mercredi, les films L’Appel du large et Voyage documentaire, qui retracent l’œuvre et le parcours d’Anita Conti, seront projetés au Saint-Charles.
Je suis tombé sous le charme. Ma passion pour l’océan trouvait un écho !
Laurent Girault-Conti, illustrateur et peintre.
Rencontre
Enfant, né à Paris, Laurent Girault – qui ne s’appelait pas encore Girault-Conti – était passionné par l’océan. J’adorais Cousteau. Je faisais de la natation pour le plaisir de l’eau »,
se rappelle-t-il.
En 1986, devenu illustrateur, le hasard veut qu’il dessine la couverture d’un livre de Jacques Rougerie, architecte de marine, sur le monde sous-marin. À l’occasion de la sortie du livre, on lui présente une dame de la mer
. Elle s’appelle Anita Conti. Il a 30 ans, elle en a 87. Je suis tombé sous le charme. Ma passion pour l’océan trouvait un écho !
Et pour cause, la dame en question n’est pas n’importe qui.
De 1930 à 1960, elle a embarqué avec les terre-neuvas ou les pêcheurs de Guinée, travaillé pour l’Office des pêches, l’ancêtre de l’Ifremer (1) fait des milliers de photos et écrit trois livres sur le monde maritime.
Transmettre l’histoire
Ils entameront alors un compagnonnage qui durera dix ans, centré sur la nécessité de transmettre l’œuvre de cette pionnière océanographe. Ils font rééditer ses livres. Racleurs d’océan et Géants des mers chaudes, à leur parution dans les années 1950, avaient été des succès.
Anita décède à l’âge de 97 ans, en 1996. Non sans faire de ce fils spirituel, un fils réel. Laurent Girault devient Girault-Conti, adopté à l’âge de 40 ans. Il continue son chemin d’illustrateur et de peintre et s’occupe de faire vivre l’œuvre de sa mère adoptive.
Si quelques clichés d’Anita sont exposés au musée de la Marine à Paris, le reste de la collection est aux archives municipales de Lorient. Ses films, eux, sont conservés à la cinémathèque de Bretagne à Brest.
Quant aux écrits scientifiques ou poétiques de cette infatigable amoureuse de la mer, Laurent les fait entendre régulièrement à l’invitation de bibliothèques ou de festivals. C’est capital pour moi de ne pas laisser se perdre une œuvre pareille ».
Nostalgie ? Non, mais connaître l’histoire pour s’en nourrir et avancer.
Une mémoire bien vivante
La vie de cette écolo avant l’heure, pointant dès 1930 la surexploitation des océans, suscite toujours de l’intérêt. En 2024, Catel et Bocquet lui consacrent un roman graphique paru chez Casterman.
Fin mars, quatre navigatrices emmenées par Céline Vromandt embarqueront sur un voilier pour un périple dans le sillage d’Anita Conti
et,
Mercredi, Laurent Girault-Contiles présentera, lors d’une soirée unique au cinéma Saint-Charles, films L’Appel du large, de Frédéric Brunnquell, et Voyage documentaire, de Louise Hémon, qui retracent l’œuvre et le parcours d’Anita Conti.
Mercredi 25 février, à 20 h 30, cinéma Saint-Charles. Tél. 02 41 39 24 26.
(1) Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.