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Européennes 2024. Contrairement à Nantes ou Angers, Le Mans n’a pas résisté au RN... |
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Quelques élus sarthois ont assisté à la publication des résultats dimanche soir en préfecture et ont tous été surpris de voir le RN virer en tête au Mans. © Ouest-France
Pour la première fois de son histoire électorale, la Cité Plantagenet a vu le Rassemblement national virer en tête dimanche soir aux élections européennes. Le Mans est la seule préfecture de la Région à connaître cette situation.
Dimanche soir, le 9 juin, une heure avant l’annonce de la dissolution d’Emmanuel Macron, c’est un premier coup de tonnerre qui a résonné au cœur de l’enceinte romaine du Mans et bien au-delà dans les quartiers. Jamais en effet, dans l’histoire de la Ve République, Le Mans n’avait vu le Rassemblement national virer en tête dans un scrutin local, départemental, régional ou national. Longtemps de centre droit après guerre, puis communiste avec Robert Jarry de 1977 à 2001, Le Mans est devenue socialiste sous l’égide Jean-Claude Boulard (de 2001 à 2018) et l’est toujours depuis avec Stéphane Le Foll.
Grâce au vote électronique, il n’a pas fallu patienter bien longtemps dimanche soir pour comprendre qu’il se passait quelque chose dans la cité mancelle lors de ces élections européennes. Bureau après bureau, le résultat final s’est rapidement confirmé : dans 61 des 98 bureaux, le RN a réalisé des scores entre 20 % et 44 % des voix.
« Un jeu très dangereux »
Au final, la liste de Jordan Bardella s’impose avec 21,78 %. Avec une différence de votes entre les quartiers populaires et résidentiels de moins en moins flagrants.
Stéphane Le Foll, le maire socialiste qui a soutenu la liste de Raphaël Glucksmann (19,8 %), ne s’est pas attardé sur l’épisode manceau. « Emmanuel Macron s’est complètement trompé. Le RN a fait campagne sur le vote sanction contre lui. Il a foncé tête baissée dans le piège. Jusqu’à la dissolution. C’est un jeu très dangereux. »
Ce constat national vaut aussi localement. Pour les législatives tout d’abord où l’union de la gauche appelée par de nombreux partis ne va pas être aussi simple que cela. Le contexte municipal du Mans, avec des Verts et des socialistes ou apparentés plus tout à fait dans la ligne de Stéphane Le Foll, des LFI assez éloignés, la gauche est très plurielle. « Il faut se mettre tous mais vraiment tous autour de la table, réclame Samuel Guy, Europe Écologie Les Verts. Le résultat de dimanche est plus qu’un signal. C’est très inquiétant. Il n’y a aucune issue à travailler seul dans son coin. »