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ENTRETIEN. Sarthe. La Fondation du patrimoine pour aider les propriétaires... |
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Un pigeonnier à Précigné avant le début des travaux soutenus par la Fondation du patrimoine. © M et Mme Lambert
Un bâtiment de caractère dont la rénovation respecte l’authenticité des matériaux utilisés, peut obtenir une labellisation. Et à un allègement d’impôt. Entretien.
Pas besoin d’avoir un château à restaurer ou un donjon du Moyen-Âge. La Fondation du patrimoine peut labelliser des bâtiments de caractère, sous certaines conditions. Les explications de Thierry Berthé, délégué départemental de la Sarthe.
Tous les biens immobiliers sont-ils éligibles à une labellisation par la Fondation ?
Non ! Mais elle n’est pas non plus réservée aux châteaux et donjons. Un bâtiment de caractère, ça peut aussi être une petite ferme par exemple. Il faut qu’il existe un intérêt patrimonial et il n’est pas nécessaire qu’il soit inscrit ou classé. L’intérêt n’est pas forcément lié au grand âge du bâtiment. Une maison d’architecte des années 1960 peut recevoir des aides.
Il existe beaucoup d’aides pour les particuliers ?
La Fondation est un des acteurs parmi d’autres dont l’État, le conseil régional et le conseil départemental. Dans la Sarthe, une enveloppe est consacrée aux aides pour la restauration du patrimoine (730 000 € dont 120 000 € au profit de propriétaires privés, NDLR). Les aides peuvent avoisiner 10 à 15 % du montant des travaux. Nous intervenons en complément et principalement pour les édifices non protégés.

La façade du moulin de Mamers, avant et après restauration. M et Mme Mouchel
Quels sont les principaux critères pour bénéficier de la labellisation de la Fondation ?
Un intérêt patrimonial, c’est-à -dire un bâtiment de caractère comme je le disais, et qui est visible, avec ses détails, de la voie publique. Cela peut-être de la route, d’un chemin de randonnée, d’une rivière navigable. Autre critère important : l’authenticité des matériaux utilisés. Nous ne donnerons pas d’aides pour remplacer une fenêtre en chaîne par du PVC. Nous ne décidons pas seuls, nous nous appuyons sur l’avis de l’architecte des Bâtiments de France.
Votre cahier des charges semble bien contraignant…
Nous recevons de plus en plus de dossiers, les propriétaires sont de plus en plus sensibilisés. Nous sommes exigeants, c’est vrai, pour que la restauration soit exemplaire. La labellisation donne droit à un allègement fiscal de 50 à 100 %, quand il existe une politique volontariste dans les communes comme les petites citées de caractère, par exemple.

Une couverture à restaurer à Avessé. M et Mme Labbé
Combien de labellisations décernez-vous en moyenne chaque année ?
Nous traitons entre 15 et 30 dossiers par an dans la Sarthe, il pourrait y en avoir plus, on ne nous connaît pas assez. En ce moment nous en sommes à une quarantaine, mais tous n’aboutiront pas. Nous pouvons compter sur une quinzaine de bénévoles pour sillonner nos campagnes et villages et repérer les édifices que nous pourrions accompagner.