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ENTRETIEN. Dans la Sarthe, « une centaine d’emplois agricoles » à pourvoir... |
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Pascal Jousse est président d’Agri emploi 72. © Ouest-France
Agri emploi 72, une structure d’emploi de salariés agricoles dans la Sarthe, a inauguré ses nouveaux locaux, mardi 17 octobre 2023. Son président, Pascal Jousse, fait le point sur les tensions autour de l’emploi agricole dans le département.
Pascal Jousse est exploitant laitier et éleveur de volailles à Voivres-lès-Le-Mans. Il préside la structure Agri emploi 72, qui vient d’inaugurer ses nouveaux locaux. Il fait le point sur l’emploi agricole sarthois.
Comment est née cette structure ?
La structure est née de la volonté d’avoir un guichet unique pour employer de la main-d’œuvre agricole. Elle regroupe l’Association nationale paritaire pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa), le Groupement d’emploi départemental (Ged 72), le Service de remplacement départemental sarthois et Geio agriqualif Pays de la Loire. Pour éviter que des candidats ou des intéressés ne se perdent dans leurs demandes ou leurs démarches, on veut centraliser ces différents aspects. Pour les demandeurs d’emploi, cela permet d’orienter vers les offres à pourvoir. On propose aussi des compléments de formation financés par différents organismes. Par exemple, sur les robots de traits ou des machines agricoles spécifiques.
Quelle est la situation de l’emploi agricole dans le département ?
Deux cents salariés sont intervenus en Sarthe depuis le début de l’année mais on en manque. On observe une hausse de l’offre de salariés de l’ordre de 10 % par rapport à 2022. Sur l’année, il en faudrait 430 et en ce moment, une centaine de postes sont à pourvoir et de nature très diverse : chauffeur de tracteur, traite de vaches, maraîchage par exemple. Le secteur rencontre des problèmes aujourd’hui, en particulier la charge de travail que peut assumer un salarié par rapport à un associé, ou à l’entrée de jeunes qui ont des envies moins contraignantes en termes de conditions de travail.
Quelles sont les solutions pour y remédier ?
On doit aussi s’adapter à ces nouvelles demandes. Sur le terrain, cela passe peut-être par le développement de productions qui nécessitent moins d’astreintes, en particulier les week-ends. Côté Agri emploi, on cherche aussi à les rapprocher du milieu agricole : on travaille avec pôle emploi, on organise des journées thématiques pour faire découvrir les métiers, on fait des visites de fermes, pour ensuite envisager des stages et pourquoi pas, orienter vers l’installation.