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En Sarthe, le soigneur était aussi agresseur sexuel... |
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« Il n’avait pas conscience de l’impact de ses propos ni de ses gestes, a plaidé Me Annabelle Lefèvre en défense. Il a compris que c’était totalement inadapté. » © Ouest-France
Un homme de 49 ans a été reconnu coupable d’atteintes sexuelles sur cinq des stagiaires qu’il avait sous ses ordres, alors qu’il était soigneur animalier à Spay, près du Mans (Sarthe).
« Je commence à me demander si ce n’est pas un complot… » A la barre du tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), ce lundi 4 décembre 2023, un homme de 49 ans doit répondre d’agressions sexuelles sur cinq jeunes femmes, toutes majeures. Il était soigneur animalier à Spay, elles étaient ses stagiaires, entre mai 2019 et octobre 2021.
Les plaignantes ont décrit des propos déplacés, du style « mets-toi donc nue pour nettoyer le bassin des tortues ». Mais aussi des palpations des seins à pleines mains, plusieurs fois. D’autres racontent qu’il jetait des cailloux dans leur décolleté ou les attrapaient par la taille, leur proposait de venir chez lui.
« C’était pour plaisanter »
Le prévenu nie la plupart des accusations. Il reconnaît toutefois « des blagues salaces » qu’il dit regretter, et des attouchements sur la poitrine et les fesses. Mais l’homme se retranche derrière un contexte de grivoiserie générale. « Rien de méchant… C’était pour plaisanter. »
Appelée à témoigner, une des victimes ne rit pas du tout, au contraire. Elle raconte comment son maître de stage l’a rejointe dans un bâtiment à l’abri des regards et a mis sa main dans son dos comme pour faire le geste de dégrafer son soutien-gorge. « J’ai dû lui jeter de l’eau froide au visage. Il m’a dit : c’est de ta faute, c’est ton corps qui m’attire. » Là encore, le prévenu s’étonne et nie.
« Je suis désolé »
La culpabilité, c’est bien ce qu’a éprouvé au moins l’une des plaignantes. « Elle a suivi une thérapie et est désormais très méfiante envers les hommes dans le cadre professionnel », plaide une des trois avocates des parties civiles.
Casier judiciaire vierge, le soigneur a depuis quitté son emploi pour devenir agent d’entretien. « Je n’étais pas bien à l’époque, j’avais perdu mon père. Mais ça n’excuse pas tout. Je suis désolé. » Il explique être suivi par un psychologue. « J’aurais dû le faire avant. »
La procureure de la République requiert deux ans de prison dont un avec sursis. Le tribunal a prononcé une peine d’un an de prison avec sursis pour une période de cinq ans. Il devra également verser des dommages et intérêts aux victimes à hauteur de 400 à 800 €. L’homme sera également inscrit au Fijais (Fichier des auteurs d’infractions sexuelles et violentes).