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En Sarthe, jugés pour 191 vols au préjudice d’artisans... |
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« C’est du gâchis, selon Me Soret, avocat d’un charpentier et d’un plombier. Alors que les entreprises artisanales n’arrivent pas à recruter, ces jeunes feraient mieux de frapper à leur porte plutôt que les voler. » © Ouest-France
Ils ont mené des raids nocturnes depuis la région parisienne, entre février et avril 2023. Trois hommes de 19 à 20 ans ont été condamnés pour avoir volé du matériel à des artisans et entreprises, ce mercredi 10 juillet 2024 au Mans. Au total, 191 faits leur sont reprochés, dont vingt en Sarthe.
Il y avait le chauffeur, le guetteur et celui qu’on appelait le « perceur ». Entre les mois de février et avril 2023, trois jeunes hommes, dont un mineur, ont mené de lointains raids nocturnes, au départ de la région parisienne. Leur cible : l’outillage électroportatif des artisans et entreprises, qu’ils volaient dans les véhicules. Leur moyen de transport : des voitures de location.
Le trio a comparu devant le tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), ce mercredi 10 juillet 2024. Le nombre de leurs méfaits « donne le vertige », selon le procureur de la République : 191, vols et tentatives, dont une vingtaine en Sarthe, comme à Aubigné-Racan ou Oizé. Les autres ont été commis dans une quinzaine de départements, de la Seine-Maritime au Pas-de-Calais et du Maine-et-Loire à la Moselle, a révélé l’analyse des déplacements de leurs téléphones portables.
« Argent facile »
Les prévenus expliquent avoir été recrutés via le réseau social Snapchat. « On nous envoyait une adresse et on prenait la route », explique le chauffeur. « On m’a appris à forcer les serrures sur le parking d’un Auchan », ajoute le « perceur ». « J’ai cédé aux mauvaises fréquentations du quartier et à l’argent facile, confie le guetteur, un lycéen jusqu’alors sans histoires. J’étais inconscient. » Selon leurs dires, ils étaient payés entre 100 et 150 € par nuit. Par qui ? Les trois complices gardent le silence, « par peur de représailles ».
Refusant de voir les prévenus comme des adolescents un peu paumés, le procureur souligne « la méthode et le sérieux professionnel » qui leur a permis d’agir « à l’échelle industrielle ». Il précise que certains raids rapportaient plus de 10 000 € de matériel, destiné à alimenter une lucrative filière d’écoulement. Des peines de deux, trois et quatre ans sont requises.
Jusqu’à deux ans de prison ferme
L’affaire donne à Me Soret, avocat d’un charpentier et d’un plombier, « un sentiment de gâchis. Alors que les entreprises artisanales n’arrivent pas à recruter, ces jeunes feraient mieux de frapper à leur porte plutôt que les voler. »
Chauffeur, Djafare Riziki est condamné à 2 ans de prison ferme. Guetteur, Mohamed Soukouna à 2 ans de prison ferme. Le troisième prévenu n’est reconnu que des faits commis en Sarthe et prend six mois ferme. Ils sont maintenus en détention.