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Écommoy. Le chantier groupé : ces petits bois qui font de grandes forêts... |
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Gérard Lambert et Jean de Falandre affichent une franche satisfaction, le chantier groupé comporte déjà quelque 35 propriétaires participants © Le Maine Libre
Trente-cinq propriétaires de parcelles boisées adhèrent au nouveau chantier groupé, une structure qui les aide à gérer d’une manière optimale leur patrimoine forestier.
Créée en 2018, la charte forestière de l’Orée de Bercé-Belinois compte aujourd’hui une trentaine de membres. Elle poursuit ses actions de sensibilisation à une bonne pratique de gestion auprès des propriétaires forestiers, en termes de préservation du paysage, de la forêt et la valorisation du patrimoine forestier.
« C’est compliqué de bien entretenir ses bois »
Gros projet, innovant et unique en Pays de la Loire, voire en France, promesse de retours financiers pour les propriétaires privés, le chantier groupé est actif depuis peu. Il enregistre déjà l’adhésion de 35 propriétaires et reste ouvert à d’autres.
Gérard Lambert, vice-président de la communauté de commune et Jean de Falandre, animateur de la charte et du CRPF (centre régional de la propriété forestière), sont très fiers du résultat et en reprécisent les objectifs : « L’idée est d’aider les propriétaires à mieux exploiter leurs parcelles, à bien connaître les arbres, car c’est compliqué de bien entretenir. Il faut intervenir là ou c’est juste et cohérent et faire confiance à la régénération naturelle. Nous ne validons pas les coupes rases quand les arbres ne sont pas à maturité, on voit aussi parfois de belles grumes de châtaigniers massacrés ».
En lien avec Fransylva et le CRPF, cent premiers hectares de forêt sont en cours d’exploitation : « En regroupant le travail sur plusieurs petites parcelles (la moitié des propriétaires ont moins d’un hectare), il est plus facile de faire intervenir les exploitants forestiers, ça permet de diminuer les frais fixes, sur le transport des machines notamment, qui représentent des coûts très élevés ».
La formule s’avère d’ores et déjà payante pour les propriétaires : « L’acheteur a fait une offre de 20 % supérieure au marché pour les lots déjà vendus ». Gérard Lambert défend l’idée de regarder la forêt dans son ensemble, sa pérennité : « Personne ne se déplace pour de mini-parcelles, si on n’avait pas été là , ces bois n’auraient pas pu être valorisés ». Et sachant que la surface globale de forêt privée du territoire communautaire est d’environ 3 000 hectares, il reste encore beaucoup à faire.
« Pour le bois aussi, on peut consommer local »
Gérard Lambert l’assure, avec ce chantier groupé, outre l’entretien du paysage, de la forêt, et la valorisation du patrimoine, un bond en avant a été fait vers une gestion plus durable, et une consommation locale : « Consommer local ça ne concerne pas que la viande ou les légumes. C’est aussi, pour celui qui veut faire des travaux chez lui, qu’il puisse trouver du bois qui vient du territoire, pour réaliser un beau parquet en châtaignier par exemple, ou une terrasse, un abri de jardin ou autre… plutôt que d’acheter des produits tout faits, parfois venus de très loin et qui ne durent pas ».
On trouve en Sarthe diverses essences exploitables, résineux ou feuillus, pour des usages divers. Et même comme énergie : « Il y aussi des débouchés pour les chaudières à bois ». Quant au peuplier que les scieries font venir d’Italie : « Alors oui, même si c’est un bois qui fait débat, il faut en planter car il est utilisable au bout de 16 à 18 ans ».
Contact : Jean de Falandre, tél. 02-43-47-02-20
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