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Deux militaires accusés d’agressions sexuelles jugés à Rennes... |
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Deux militaires étaient jugés au tribunal militaire de Rennes, ce lundi 23 septembre 2024, pour des faits d’agressions sexuelles commis sur le camp de Coëtquidan. © Marc Ollivier/Ouest-France
Deux militaires, n’appartenant pas à Saint-Cyr, étaient jugés ce lundi 23 septembre 2024 au tribunal militaire de Rennes (Ille-et-Vilaine) après avoir été accusés d’agression sexuelle sur le camp de Coëtquidan (Morbihan). Les deux mis en cause appartenaient à des régiments en manœuvre dans le camp militaire du Morbihan.
« Je reconnais juste avoir été entreprenant envers la gent féminine ». Accusé d’agression sexuelle, cet ancien capitaine du premier régiment des chasseurs d’Afrique, basé à Draguignan, ne dévie pas de son récit, et plaide son innocence face aux lourds griefs qui pèsent à son encontre.
Ce lundi 23 septembre 2024, il fait pourtant partie des deux accusés jugés au tribunal militaire de Rennes (Ille-et-Vilaine) pour des faits d’agressions sexuelles, survenus en 2019 et 2022 sur le camp de Coëtquidan. Cela alors que lui et son régiment participaient à des exercices sur la base du Morbihan.
Lire aussi : Agressions sexuelles à Saint-Cyr Coëtquidan : deux militaires devant la justice
« Cette affaire m’a fragilisé »
Lors d’une cérémonie de remise des sabres, sur le camp de l’école militaire, le 17 novembre 2019, l’ancien capitaine de 39 ans, aujourd’hui radié de l’armée, aurait commis plusieurs attouchements à l’encontre d’une jeune femme âgée à l’époque de 19 ans. Cette dernière, venue soutenir son frère lors de l’événement, décrit un homme alcoolisé qui lui aurait proposé de danser, lui aurait imposé des attouchements et aurait tenté de l’embrasser à plusieurs reprises.
Contestant les faits, l’ancien capitaine crie au complot : « Elle ne m’a jamais repoussé physiquement », s’insurge-t-il. « Cette affaire m’a fragilisé, expliquant en partie mon éviction ». Malgré les témoignages d’autres femmes ayant eu à subir « son comportement déplacé », il nie en bloc décrivant une cabale de sa hiérarchie. Le tribunal choisira finalement de suivre les réquisitions du parquet, en prononçant à son égard une peine de 8 mois d’emprisonnement, avec une interdiction de contacter la victime durant 3 ans.
Deux camarades portent plainte
Le second est absent du tribunal ce lundi 23 septembre. Lui aussi radié de l’armée, il est accusé par deux de ses anciens camarades de régiment, de plusieurs faits d’agressions sexuelles, alors qu’il appartenait au 2e Rima (Régiment d’infanterie de marine), de Champagné (Sarthe).
La procureure de la République décide de requérir à son encontre une peine de 6 mois avec sursis simple. Mise en délibéré, la décision sera rendue le 14 octobre prochain, à 9 h.
Une autre affaire sera jugée début 2025, le mis en cause étant actuellement en « opération extérieure. »
Trois signalements entre juillet et novembre 2023
Parallèlement à ces deux affaires s’étant produites sur le camp militaire de Guer, d’autres cas d’agressions sexuelles et de misogynie impliquant cette fois l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan à Guer (Morbihan), ont été mis en lumière après la diffusion d’un reportage de France 2.
Au total sept enquêtes auraient jusque-là été conduites, dont trois, récentes, pour des faits survenus entre juillet et novembre 2023 qui ont conduit le commandement de l’académie à émettre des signalements au parquet.