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Destruction d’espèces protégées : un projet de parc éolien bientôt retoqué en Sarthe ?... |
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Mardi 6 mai 2025, le rapporteur public a préconisé l’annulation de l’autorisation concernant le projet de parc éolien, entre Saint-Longis et Vezot, près de Mamers (Sarthe) © Stéphane Geufroi / Archives Ouest-France.
Mardi 6 mai 2025, le rapporteur public a préconisé l’annulation de l’autorisation concernant le projet de parc éolien, entre Saint-Longis et Vezot, près de Mamers (Sarthe). En cause : l’absence d’une dérogation à la destruction d’espèces protégées.
Un nouveau coup de théâtre dans le feuilleton du parc éolien de la voie verte, à cheval entre Saint-Longis et Vezot, près de Mamers (Sarthe) ? C’est le scénario qui se dessine à l’issue de l’audience de la cour administrative d’appel de Nantes (Loire-Atlantique), mardi 6 mai 2025, plus de sept ans après l’autorisation d’exploitation, initialement délivrée le 20 novembre 2017.
Une indispensable dérogation « espèces protégées »
La juridiction avait été saisie par les opposants au projet de six éoliennes de 150 m en bout de pale, porté par une filiale à 100 % de Neoen, un des leaders français des énergies renouvelables fondé en 2008. Déboutés en première instance le 25 février 2021 par le tribunal administratif de Nantes, trois associations (ASPPEF, les Amis du domaine médiéval de Moullins, Bien Vivre dans le calme), et une vingtaine de riverains ont, cette fois, peut-être trouvé la faille dans ce projet XXL chiffré à 26,7 M€ : ses impacts sur les nombreuses espèces protégées recensées dans un périmètre proche.
Pas moins de six variétés de chauves-souris et quatorze espèces d’oiseaux, dont le faucon hobereau sous haute protection. Le 10 juin 2022, la cour avait prononcé un sursis à statuer de huit mois, dans l’attente d’une dérogation à la destruction d’espèces protégées, indispensable à la régularisation du dossier.
Neoen a formé un nouveau recours
Seulement voilà, plus de deux ans plus tard, le 18 décembre 2024, le préfet avait refusé de la délivrer au vu des avis défavorables du Conseil national de la protection de la nature, de la mission régionale de l’autorité environnementale et du commissaire-enquêteur. Le rapporteur public a préconisé, en conséquence, l’annulation « totale » de l’autorisation, sans possibilité d’une nouvelle régularisation. La décision a été mise en délibéré au 23 mai. Marquera-t-elle l’épilogue du feuilleton ? Pas sûr : Neoen a formé un nouveau recours contre le refus de dérogation qui ne sera pas examiné avant une dizaine de mois.