|
Désinformation, complotisme… La commission Bronner fait ses recommandations... |
1
La commission Bronner sur la désinformation et le complotisme a remis son rapport mardi à Emmanuel Macron. © archives
La commission Bronner sur la désinformation et le complotisme a remis son rapport mardi 11 janvier 2022 à Emmanuel Macron. Responsabilité numérique, développement de l’esprit critique… Quelques exemples de recommandations.
Il n’y a pas de solution miracle
, peut-on lire dans le rapport de la commission Bronner sur la désinformation et le complotisme remis au président de la République mardi 11 janvier 2022 et rendu public.
Elle fait, néanmoins, 30 recommandations visant à limiter la propagation des contenus qui nuisent à la vie démocratique, dissuader les comportements malveillants, sanctionner les pratiques illicites, améliorer la prévention des risques et renforcer la vigilance des utilisateurs.
Quelques recommandations
La commission propose, par exemple, de faire du développement de l’esprit critique et de l’éducation aux médias et à l’information une grande cause nationale
ou de demander aux plateformes d’ouvrir aux chercheurs l’accès à leurs données.
Ces données doivent être considérées comme un bien commun, parce que sans elles, c’est comme si on essayait de trouver un vaccin (contre la désinformation, N.D.L.R.) , sans avoir le droit de savoir à quoi ressemble le virus
, commente son président, le sociologue Gérald Bronner, dans une interview à l’AFP.
Le rapport propose également de « responsabiliser les influenceurs ». Remarquant que « les fausses informations se diffusent massivement via des comptes qui sont très très suivis, […] nous proposons par exemple qu’il soit possible d’engager la responsabilité civile du diffuseur de mauvaise foi d’une fausse nouvelle préjudiciable. Il s’agit d’une petite innovation juridique, mais qui serait au civil, et pas au pénal », indique Gérald Bronner.
La liberté d’expression
Composée de quatorze universitaires et personnalités, la commission avait été installée par Emmanuel Macron le 29 septembre 2021. Des soupçons de partialité avaient été formulés contre ses membres, et le chirurgien Guy Vallancien, mis en cause par certains de ses pairs, avait dû se retirer.
À la question Ne craignez-vous pas de menacer la liberté d’expression ?
, Gérald Bronner s’interroge : «
Nous vivons dans un pays de grande liberté d’expression et tant mieux. Mais on doit s’interroger sur l’éditorialisation de ces expressions. Est-il normal que des points de vue minoritaires statistiquement soient majoritaires du point de vue de la visibilité numérique ?»
Pour lui, « les vrais antivax
en France ne pèsent pas grand-chose, mais ils ont réussi à essaimer par leur rhétorique au-delà de leur espace de radicalité. Il ne s’agit pas du tout de les bâillonner, mais de penser les conditions pour que la visibilité (sur les réseaux sociaux et les plateformes N.D.L.R.) soit corrélée à la représentativité. Sinon, on a affaire à une forme de diversité inauthentique. »