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Déserts médicaux. « Ça n’a aucun sens » : la Sarthe ne fait pas partie des 151 zones prioritaires... |
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La Sarthe ne fait pas partie des 151 zones qui vont bénéficier à la rentrée du soutien de médecins généralistes pour lutter contre les déserts médicaux (photo d’illustration). © Getty Images / iStockphoto
Ce vendredi 27 juin 2025, le ministre de la Santé a dévoilé la cartographie des 151 zones qui vont bénéficier à la rentrée du soutien de médecins généralistes pour lutter contre les déserts médicaux. La Sarthe en est exclue. Un véritable non-sens, pour les élus et acteurs locaux.
Pourquoi pas la Sarthe ? C’est la question qui se pose, à la découverte des 151 zones qui bénéficieront, dès septembre 2025, du soutien de médecins généralistes pour lutter contre les déserts médicaux. Un découpage par intercommunalités, dévoilé ce vendredi 27 juin 2025 par le ministre de la Santé, Yannick Neuder.
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Dans le même temps, une étude, publiée il y a quelques jours par l’UFC Que choisir, pointait qu’en Sarthe, « en dix ans, l’offre médicale s’est gravement détériorée sur notre territoire. La situation est particulièrement marquante pour l’évolution du nombre de médecins généralistes libéraux. La densité passe de 7,07 médecins pour 10 000 habitants à 5,48 entre 2014 et 2023. Il est devenu quasiment impossible d’avoir un médecin traitant pour un nouvel arrivant en Sarthe ».
« Je ne comprends rien à la façon dont ça s’organise »
Alors comment expliquer ce choix du gouvernement ? « C’est une bonne question ! », réagit Jean-Carles Grelier. Le député, engagé sur les questions de santé et par ailleurs vice-président de la commission ad hoc au conseil départemental, est plus que circonspect. « Comment a-t-on établi ce zonage ? Sur quelle base ? Avec quels chiffres ? Je ne comprends rien à la façon dont ça s’organise, ça n’a aucun sens »
Selon le ministère, ce découpage serait le fruit d’un travail « réalisé avec les préfets, les agences régionales de santé (ARS), les élus locaux, et également les professionnels de santé, pour identifier les secteurs particulièrement désertiques ». « Totalement incompréhensible », redit le parlementaire sarthois, qui affirme n’avoir jamais été contacté par quelque service que ce soit. La Dr Laure Atru, présidente de l’association de citoyens contre les déserts médicaux, n’a pas été davantage concertée. Et ne mâche pas ses mots contre ce qu’elle qualifie de « nouvel effet d’annonce qui ne va pas résoudre quoi que ce soit ».
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Contactée par Ouest-France, l’ARS explique l’exclusion de la Sarthe par « un temps d’accès routier aux services d’urgences les plus proches » jugé suffisamment bon, parmi une liste de cinq critères ayant servi à définir ces zones.