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Des « violences régulières » signalées contre sa conjointe et leurs enfants : un homme jugé au Mans... |
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Un homme a été condamné pour violences à l’égard de son ex-conjointe et de leurs enfants, jeudi 27 mars 2025, au Mans. © Archives Ouest-France
Jeudi 27 mars 2025, au tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), était jugé un homme pour des violences commises à Sablé-sur-Sarthe.
Au début de l’audience, jeudi 27 mars 2025, les trois enfants accompagnant leur mère sont priés de sortir de la salle du tribunal correctionnel, au Mans (Sarthe). La présidente tient à les préserver du débat qui va suivre. Elle détaille alors longuement les faits dénoncés par cette femme victime de violences répétées par son conjoint, entre janvier 2023 et mai 2024. C’est après son dépôt de plainte en février 2024 qu’une enquête est menée.
Des enfants de 6, 8 et 9 ans
Les témoignages de ses trois enfants, âgés aujourd’hui de 6, 8 et 9 ans, sont recueillis. Ils décrivent la violence régulière de leur père à leur égard : une gifle pour avoir mangé un gâteau avant de se coucher, une autre pour ne pas avoir éteint la lumière dans sa chambre.
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Ils relatent tour à tour des coups portés sur le dos et à la tête, et avoir vu notamment leur père frapper leur mère car ils étaient en train de manger sans l’attendre. Une assistante sociale des services départementaux, alertée par la situation, évoque dans son rapport « des violences régulières ». Des photographies exposées lors de l’audience montrent l’arcade et le poignet de la victime gonflés après ces altercations.
« Je ne lève que la voix, jamais la main »
À la barre, le prévenu âgé de 43 ans, coiffé de près et porteur d’une barbe poivre et sel, nie tous les faits qui lui sont reprochés. Sous contrôle judiciaire depuis septembre dernier et assisté d’une interprète, le réfugié d’origine syrienne admet élever la voix mais ne jamais porter de coups.
Arrivé en France en 2017 avec sa compagne qu’il avait rencontrée lors de leur fuite en Turquie, il explique être sans emploi ni revenu depuis. Il accuse son ex-conjointe de monter ses trois enfants contre lui, dans le cadre de leur séparation, et souhaite revoir ses enfants.
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Son avocate plaide sa relaxe en s’appuyant sur « des équipes scolaires qui n’ont jamais déclenché d’alertes pour les enfants » et des faits relatés sans preuve. L’avocat des parties civiles, Me Hilaire Nyadjam Tomi, quant à lui, souligne le courage de sa cliente d’avoir su protéger ses enfants d’un homme tyrannique.
Le tribunal condamne le prévenu à huit mois d’emprisonnement, entièrement assortis d’un sursis probatoire de deux ans, une interdiction de contact et de paraître au domicile de la victime, le retrait de son autorité parentale, et à payer la somme de 700 € pour chacun des enfants, ainsi que 1 450 € pour leur mère.