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Covid-19. Professionnels du secteur médico-social au Mans : les « invisibles » de la santé... |
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Aides-soignantes dans le sociomédical, Sylvie et Catherine veulent davantage de reconnaissance et une augmentation de salaire. © Photo Le Maine Libre
Catherine et Sylvie sont aides-soignantes dans le secteur médico-social à l’Établissement public de santé mentale. Se sentant invisibles et peu voire pas considérées, elles manifestaient avec leurs collègues ce jeudi 15 octobre 2020.
Je ne serais jamais allée dans le médico-social si j’avais su.
Sylvie, 55 ans, est amère. Aide-soignante à la MAS (maison d’accueil spécialisé) d’Allonnes depuis son ouverture en 2006, elle a toujours été employée par l’EPSM (établissement public de santé mentale)
. Pourtant, elle n’est pas considérée comme légitime pour obtenir les 183 € de revalorisation de salaire, comme les autres soignants. C’est vraiment comme ça les arrange
, déplore-t-elle.
Assez régulièrement, on nous demande de revenir sur nos journées de congé pour remplacer des collègues absents. En ce moment, nous sommes une aide-soignante pour dix résidents alors que nous devrions être deux.
Il faut être partout, aller renforcer les unités où il manque du personnel. Les gens en ont marre. On travaille un week-end et une fête sur deux, avec un petit salaire et aucune reconnaissance, ce n’est plus possible. Ils n’arrivent plus à embaucher, les contractuels préfèrent partir, ces conditions de travail plus personne n’en veut
, enchérit sa collègue Catherine, 59 ans.
Les deux femmes s’occupent de polyhandicapés avec des déficiences mentales sévères à Allonnes. Nous sommes aides-soignantes. On fait le même travail avec le même diplôme que nos collègues mais nous n’avons pas les mêmes droits. C’est injuste.
S’estimant invisibles
et oubliés »,
les professionnels du secteur médico-social, du social et du handicap sont venus nombreux ce jeudi 15 octobre 2020, devant la Préfecture, à la mobilisation organisée par la CGT de l’EPSM. Ils veulent être reconnus au même titre que tous les acteurs du soin
.
D’autant que la crise sanitaire liée au Covid-19 n’a fait qu’exacerber les tensions : On nous demande d’en faire plus avec moins de moyens humains et financiers
, observe Jacqueline, maîtresse de maison à l’EPSM. Le personnel de nuit doit désormais sortir les chariots de linge sale et les poubelles
, pour éviter trop de circulation au sein de l’établissement avant, les chauffeurs venaient directement les chercher dans le service
.
L’annulation de sorties et la difficile mise en place de projets, en raison du Covid-19, rendent par ailleurs les résidents plus fragiles. Ils clashent
, le personnel trinque. Notre travail est fatigant, psychologiquement et mentalement.
Catherine, Sylvie et les centaines de personnes mobilisées ce jeudi 15 octobre 2020 demandent notamment l’embauche massive et urgente de personnels indispensables pour répondre aux besoins et améliorer les conditions de travail ; l’ouverture tout aussi massive de lits en psychiatrie ; la reconnaissance en maladie professionnelle de tous les personnels de santé et d’action sociale atteint par le covid-19 et une augmentation de salaires pour tous ».
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