|
Covid-19. Le Mans : le maire et le préfet en opération de sensibilisation dans les bars... |
6
Stéphane Le Foll, le maire du Mans et le préfet de la Sarthe Patrick Dallennes ont pris le temps d’échanger avec les jeunes présents dans les rues et dans les bars du centre-ville manceau ce jeudi soir. © Photo Le Maine Libre Denis Lambert
Le maire du Mans Stéphane Le Foll et le préfet de la Sarthe Patrick Dallennes ont entrepris une visite à titre pédagogique et préventif dans les bars et les restaurants du centre-ville jeudi soir 22 octobre 2020. Une opération de sensibilisation pour rappeler les mesures encore renforcées visant à lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.
Le rendez-vous est donné place de la République à 21 heures ce jeudi 22 octobre. Un regroupement à l’appel de la préfecture de la Sarthe et de la mairie du Mans. Pour une virée nocturne suivie par une poignée de journalistes.
Objectif de l’opération : une tournée des bars un peu particulière. Rien de festif dans cette initiative prise par les autorités. La première opération du genre volontairement médiatisée, alors que de nouvelles mesures de restrictions sont tombées ce jeudi, applicables dès ce vendredi 23 octobre.
« De toute façon, c’est foutu »
La petite délégation composée également de trois policiers et de quelques représentants du cabinet du maire entame donc sa tournée en direction de la place de la sirène, au cœur de la vie nocturne mancelle.
Premier arrêt auprès d’un groupe d’une vingtaine de jeunes gens en train de consommer de l’alcool en dégustant des pizzas. Tous sont plus ou moins masqués. L’échange s’installe facilement avec le maire et le préfet qui en profitent pour distribuer leurs prospectus de sensibilisation aux gestes barrières et autres démarches à entreprendre en cas de suspicion de symptômes.
À partir de demain (ce vendredi), vous n’aurez plus le droit de faire ça, les accoste en douceur le préfet . Et d’ailleurs, depuis samedi dernier, les rassemblements de plus de six personnes sont interdits.
Ah bon ?
, répondent quelques-uns à l’unisson.
Nous essayons de faire passer le message, place Stéphane Le Foll. Nous sommes encore, ici en Sarthe, en situation d’éviter un couvre-feu. Donc, nous devons faire bloc pour éviter ça
.
« Très compliqué à faire respecter »
Un peu plus loin, les terrasses des bars et restaurants sont relativement bien garnies. Premier constat : la distanciation d’un mètre entre les chaises n’est clairement pas respectée, à l’extérieur, comme à l’intérieur des établissements de la rue de la Barillerie. Une mesure intenable ? Nous voyons bien que c’est très compliqué à faire respecter »,
convient le préfet.
Opération de sensibilisation et au respect des gestes barrières et des restrictions renforcées, menée dans les bars et restaurants du centre-ville manceau par le maire du Mans @SLeFoll et le préfet de la Sarthe Patrick Dallennes. pic.twitter.com/p7hMR5YwOU
— Alexis BABIN (@BabinAlexis) October 23, 2020
Si je mets un mètre d’écart entre les chaises, je ne peux plus mettre personne dans mon restaurant
, se défend Reza, le patron de la petite pizzeria Antonia. Nous faisons de notre mieux mais c’est très compliqué de travailler dans ces conditions.
Alors que la délégation pénètre dans son bar, le gérant du bar Le Comptoir se montre fataliste. Pour moi, c’est juste repoussé de quelques jours, mais nous allons arriver au couvre-feu. Nous sommes entourés, tous les départements voisins ou presque y sont passés.
« Un bar, c’est vivant »
À l’intérieur, l’avis des clients est sensiblement de la même tonalité. De toute façon, c’est foutu
, entend-on. Stéphane Le Foll y oppose de nouveau ses arguments d’espoirs. En vain, à première vue.
La virée se poursuit. Place de l’Eperon, au bar Le 108, le patron Erwan Loureiro résume toute la complexité de la situation. Un bar, c’est vivant. Sinon, on est un salon de thé. Nous ne pouvons pas empêcher les gens de se déplacer, de se rapprocher pour discuter. Sinon, ils ne viennent plus. Nous comprenons toutes ces mesures. Nous essayons de nous renouveler à chaque fois. Mais nous sommes tiraillés entre la santé d’un côté, et de l’autre, nous sommes très inquiets pour notre commerce.