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Covid-19. L’hôpital du Mans au bord de la saturation1 |
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Le directeur de l’hôpital du Mans Olivier Bossard (à droite), et les médecins Laurent Pidhorz (au centre) et François Goupil, respectivement vice-président et président de la Commission médicale d’établissement du centre hospitalier, tirent la sonnette d’alarme. © Photo Le Maine Libre
Les dirigeants du centre hospitalier du Mans se montrent très inquiets quant à l’évolution de l’épidémie de Covid-19 qui connaît un rebond significatif en Sarthe depuis plusieurs jours. Tandis que les services de réanimation sont de nouveau en voie de saturation, les soignants craignent une nouvelle flambée dès la semaine prochaine, au sortir des fêtes de Noël.
La question n’est plus de savoir s’il y aura une troisième vague, mais quand elle aura lieu
, avertit la mine sévère, Laurent Pidhorz, le médecin vice-président de la Commission médicale d’établissement (CME) de l’hôpital du Mans.
Le ton est tout aussi grave chez le directeur du centre hospitalier, Olivier Bossard, qui craint d’assister à l’apparition d’une troisième vague de l’épidémie de coronavirus depuis huit jours
. Après une phase de tassement de la pandémie pendant près de trois semaines
.
22 lits occupés sur 23 disponibles
Les chiffres annoncés sont assez éloquents. La moyenne de patients Covid en réanimation au Mans est de 51 % depuis début décembre. Ce qui est déjà important comparé à l’ensemble de la région des Pays de la Loire qui tourne à 30 % seulement
, s’inquiète le directeur.
Nous avons actuellement 16 personnes atteintes du Covid hospitalisées. Le 14 décembre, ils étaient dix, poursuit-il. Nous étions ce mardi matin (22 décembre) à 22 lits de réanimation occupés sur 23 disponibles.
Face à ce nouveau sursaut d’activité, le centre hospitalier a prévu de transférer des patients vers les CHU d’Angers ou de Nantes, nettement moins saturés, si de nouveaux malades se présentaient avec des symptômes de forme grave.
L’autre option consiste à mettre de nouveaux lits à disposition. Nous y pensons : monter à 25 lits, indique Olivier Bossard. Mais cela implique encore de repousser des interventions chirurgicales, ce qui n’est pas sans poser des problèmes.
Menace sur les vacances de Noël du personnel soignant
Pour l’heure, le directeur l’affirme : les congés de Noël du personnel soignant sont maintenus. Nous avons juste procédé à un aménagement de semaine en limitant à 4 jours de vacances au lieu de 5. Mais malheureusement, si la situation continue de s’aggraver, nous n’aurons pas le choix.
Les douze clusters affectant autant d’unités de l’hôpital réduisent encore un peu plus la marge de manœuvre de la direction.
Nous voulons à tout prix éviter ça car nos équipes sont vraiment fatiguées et ont besoin de repos
, s’inquiète le docteur François Goupil, président de la CME de l’hôpital manceau. Nous craignons fortement un effet immédiat après Noël. Peut-être dès la semaine prochaine.
D’autant plus soucieux que le début d’année est toujours une période de suractivité pour les centres hospitaliers puisque les gens reportent traditionnellement leurs interventions après les fêtes.
Plus que jamais, les responsables de l’hôpital lancent donc un appel à la responsabilité et à la prudence auprès de la population. La lassitude des gens ne peut pas être une excuse pour se relâcher, insiste le directeur Olivier Bossard. Tout le monde en a marre de ce virus. Mais au bout du compte, ça retombe sur le personnel soignant et des gens meurent.
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Il est clair que maintenant on comprend mieux que le souhait de rendre le parquement à l'hôpital payant était un moyen d'avoir moins de malade .cela coûte moins cher que des lits de réa.