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Controversé pour des habitants, un projet de plateforme XXL près du Mans sera-t-il repoussé de plusieurs mois ?... |
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Les opposants à la construction de l’entrepôt à Trangé, en juin 2023. © Archives Ouest-France
Il doit accueillir une grande plateforme logistique à Trangé (Sarthe). Le projet décrié de construction d’un entrepôt géant, près du Mans, pourrait être repoussé, comme l’a préconisé la rapporteure publique, mercredi 16 décembre 2025
C’est l’heure de vérité pour la plateforme logistique de Trangé, au nord-ouest du Mans. Passé le temps des mobilisations de riverains, des réunions d’information, et des demandes d’autorisations, voici venu celui de l’arbitrage juridique pour l’entrepôt de 267 m de long imaginé par le promoteur américain Scannell Properties, dans la ZAC de l’Étoile.
Mercredi 16 décembre 2025, la salle d’audience du tribunal administratif de Nantes était garnie d’une douzaine d’opposants pour l’examen fleuve des recours contre l’enregistrement ICPE (installation classée protection de l’environnement) et contre le permis de construire délivré le 11 juillet 2023. L’exposé de la rapporteure publique va s’étirer durant plus d’une heure et demie. Mais le cœur du litige tient en une phrase : l’envergure du projet (chiffré à 30 millions d’euros) et la sensibilité de son site d’implantation ne justifiaient-elles pas une procédure dite d’autorisation
plus contraignante qu’un simple enregistrement
et une dispense d’évaluation environnementale ?
Lire aussi : Élevage de canards et entrepôt XXL à Trangé: près de 100 marcheurs pour dire non
Un ballotage favorable au porteur de projet ?
La rapporteure publique, dont l’avis éclaire la décision finale des juges, propose un sursis à statuer
le temps d’une régularisation
: deux communes voisines (Fay et Pruillé-le-Chétif) qui n’avaient pas été consultées lors de l’enquête publique, devront l’être dans un délai de six mois.
Mais ce ballottage semble favorable au porteur de projet : les risques liés au voisinage du projet d’usine d’hydrogène gazeux Qairos sont jugés maîtrisés
, la RD 357 paraît pouvoir accueillir l’augmentation de 5 % du trafic poids lourds prévue, et aucun cours d’eau, ni espèces protégées ne sont identifiés sur la parcelle.
Une hésitation
confessée par la rapporteure laisse toutefois aux juges une marge d’appréciation. Elle porte sur la consommation de terres agricoles
(huit hectares dont cinq artificialisés) dans un contexte qualifié de particulier
à Trangé. Une commune qui affiche déjà un passif très lourd
en la matière, selon l’avocat des requérants, Thomas Dubreuil. Le délibéré est fixé au 13 janvier.