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Comment ChatGPT, Anthropic et Doctolib se lancent dans l’IA médicale... |
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Une femme utilisant ChatGPT, en février 2023. Photo d’illustration. © MARTIN ROCHE / ARCHIVES OUEST-FRANCE
Ces dernières semaines, OpenAI et Anthropic ont annoncé le lancement de modules d’intelligence artificielle dédiés à la santé. Doctolib, spécialiste français de la prise de rendez-vous médicaux, se lance également sur ce segment important mais sensible. Mais les trois entreprises n’ont pas la même stratégie.
Après le shopping, l’aide au codage ou la génération de vidéos, les géants de l’intelligence artificielle se sont trouvé un nouveau terrain d’affrontement : l’IA à vocation médicale.
ChatGPT veut capitaliser sur les questions liées à la santé
Le 7 janvier 2026, OpenAI a annoncé tester auprès d’un nombre limité d’utilisateurs ChatGPT Health, un module de son robot conversationnel spécialement entraîné pour répondre aux questions liées à la santé. Un domaine qui est « déjà l’un des usages les plus courants de ChatGPT », a fait savoir OpenAI en annonçant le lancement de ce dispositif, pour le moment réservé (comme c’est souvent le cas) aux utilisateurs américains. Ces derniers mois, l’utilisation de ChatGPT pour des questions d’ordre psychologique s’est par exemple largement répandue, poussant les spécialistes à lancer des appels à la prudence.
Ce module spécial doit notamment permettre à l’utilisateur de partager de manière sécurisée des données sur sa santé (issues de dossiers médicaux ou d’applications comme Apple Santé) et d’en tirer de premiers éléments d’explication. Mais « ChatGPT Santé est conçu pour soutenir les soins médicaux, et non pour les remplacer », rappelle OpenAI. Et d’ajouter : « La fonctionnalité n’a pas vocation à établir un diagnostic ni à proposer un traitement ».
Anthropic réplique
Quelques jours après l’annonce de l’entreprise de Sam Altman, Anthropic, la start-up qui développe l’IA Claude, a annoncé un nouveau développement dans ses travaux sur la santé. Incarnation d’une stratégie axée sur l’aide aux professionnels, ce « Claude for Healthcare » annoncé mi-janvier comporte plusieurs fonctions destinées aux organismes de santé et soignants, notamment la connexion aux foisonnantes bases de données médicales, aux revues scientifiques ou aux agences de santé publiques américaines (notamment pour y consulter les réglementations en vigueur).
Comme ChatGPT, Claude permet aussi à certains de ses utilisateurs (ceux qui ont souscrit un abonnement) de brancher leurs propres données de santé sur l’IA. Celle-ci peut ensuite leur fournir des synthèses ou expliquer clairement un diagnostic établi par un professionnel.
Comme OpenAI, Anthropic promet que les données fournies à Claude resteront privées. L’entreprise indique aussi que « Claude est conçu pour reconnaître son incertitude et orienter les utilisateurs vers des professionnels de la santé pour obtenir des conseils personnalisés ». Un avertissement qui, comme celui lancé par OpenAI, est une manière de reconnaître les limites du dispositif, voire de se dédouaner en vue d’éventuels futurs incidents.
Doctolib dans la course
Les spécialistes de l’intelligence artificielle ne sont pas les seuls à vouloir mêler IA et santé. En France, Doctolib, devenue incontournable dans la prise de rendez-vous médicaux, s’est également lancée sur ce segment.
Fin octobre, Stanislas Niox-Chateau, le patron de l’entreprise, indiquait sur France Inter vouloir « créer un assistant médical basé sur l’IA ». Ce module, qui devrait voir le jour en 2026, sera d’abord dédié aux parents de jeunes enfants, avant de s’étendre à tous les patients potentiels. La start-up française avance que cette IA est conçue par des « experts, des soignants et des chercheurs français » et qu’elle n’établira elle non plus aucun diagnostic, ni aucune prescription. Il s’agit donc surtout d’un instrument pour contrer les fake news médicales, il est vrai nombreuses.
Fin 2024, Doctolib avait par ailleurs déployé un assistant IA à destination des professionnels de santé afin, notamment, de synthétiser des consultations. Un assistant téléphonique IA a également vu le jour fin 2025. Ultime signe que les innovations en matière d’IA sont nombreuses dans la santé, domaine où son usage est à la fois prometteur et sensible.