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Champagné. Un spectacle marquant de l’atelier théâtre... |
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L’enjeu des débats : obtenir un vote à l’unanimité. © Le Maine Libre
L’atelier théâtre du centre d’animation sociale Jean-Claude-Laude de Champagné vient de proposer trois représentations de sa dernière création : Douze. Une pièce extraite de « Douze hommes en colère » créée en 1954 par Reginald Rose.
Ludovic Timon a assuré l’adaptation et la mise en scène. « Il s’agit d’un huis clos entre jurés lors du procès d’un jeune homme accusé de parricide ; il risque la peine de mort, c’est-à -dire la chaise électrique, on est, en effet, aux États-Unis », explique Ludovic Timon.
« Au début, le vote préliminaire est « coupable » à onze contre un. Tout l’objet de la pièce est de reprendre un à un les arguments de l’accusation et de la défense pour se faire une intime conviction. À la fin, c’est un revirement total…»
Le dispositif scénographique permettait au public d’être au plus près des interprètes, et donc de se sentir concerné par les débats entre les personnages. À l’issue du spectacle, les échanges parmi les spectateurs étaient quelquefois passionnés.
Ce spectacle rendait aussi hommage à Robert Badinter, décédé en février. À la fin de la représentation, Ludovic Timon diffusait, en effet, des extraits de son discours pour demander l’abolition de la peine de mort, en 1981.
Le plaisir de jouer
« Entre le mercredi, pour la première représentation et le vendredi, pour la troisième, la qualité de jeu des interprètes a été croissante avec un résultat plus fluide. Les interprètes se sentaient plus libres, moins « corsetés ». On voyait qu’ils et elles prenaient de plus en plus de plaisir à incarner leur personnage : une femme de ménage, une courtière en bourse, une concierge portugaise, un prof de sport… » Douze sera sans doute l’un des spectacles marquant de l’atelier théâtre du centre d’animation sociale de Champagné. Celui-ci repartira sur un nouveau projet l’an prochain. À noter que Ludovic Timon a initié, cette année, la création de la Compagnie du Suricate avec certains de ses comédiens afin de pouvoir proposer ailleurs les pièces jouées et favoriser différents types de spectacles, notamment les entresorts, des formes théâtrales dans des lieux cachés : caves, garages… ou encore les matches d’improvisation.