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Challes. La rénovation du vicariat contestée... |
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Pour le maire, l’enduit utilisé est homologué par les Bâtiments de France © Le Maine libre
La rénovation de l’ancien vicariat, bâtiment du XIXe siècle situé dans un périmètre protégé, est contestée.
François Pasquier, conseiller technique de la Fondation du patrimoine et délégué de l’association Maisons paysannes de France, ne décolère pas : « On a fait du cache-misère ! » en parlant de la rénovation de l’ancien vicariat, un bâtiment du XIXe siècle situé dans un périmètre protégé.
François Pasquier accuse les membres de la municipalité de n’en avoir « fait qu’à leur tête, au mépris des prescriptions de l’architecte des Bâtiments de France ». En raison de ses fonctions, il se montre très vigilant lorsque se profile un projet de rénovation. Aussi avait-il pris les devants quand il fut question de rénover l’ancien vicariat, en adressant un courrier à tous les élus, et proposé son aide logistique.
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« Dans 5 ou 10 ans il faudra remettre la sauce »
L’architecte des Bâtiments de France avait émis certaines prescriptions : que les enduits soient réalisés à la chaux ancienne et au sable avec une sous-couche en chaux naturelle ; que l’enduit soit posé sans surépaisseur ni pierre de taille ; et que les encadrements reçoivent un badigeon de chaux.
« Rien n’a été respecté. Les enduits ont été inutilement piquetés ; le mortier prêt à l’emploi utilisé sur les pierres est en surépaisseur par rapport à l’enduit ; les pierres ont été brossées à la machine, une méthode abrasive qui supprime le calcin protégeant le tuffeau ; les volets en bois ont été supprimés et seront remplacés par des volets en alu » s’indigne François Pasquier qui, au-delà de l’esthétique, souligne un problème de pérennité : « On a fait du cache-misère sans se soucier du bâtiment, de la rénovation plutôt que de la restauration. On a voulu faire au moins cher, mais les produits utilisés n’assurent pas la respiration du bâti. Dans 5 ou 10 ans, il faudra remettre la sauce ».
Il tenait à dénoncer : « Si la municipalité ne montre pas l’exemple en respectant les prescriptions en matière de patrimoine, comment voulez-vous que les particuliers s’y plient ? ».
La réponse de la municipalité
Contacté à ce sujet, le maire, Guy Fourmy, se défend d’avoir joué la carte de l’économie. « L’enduit utilisé est certes prêt à l’emploi, car les choses évoluent, mais il est composé de chaux naturelle et de sable, et homologué par les Bâtiments de France. Quant aux encadrements de fenêtres, ils ont été réalisés à l’identique de ceux du logement social attenant ».
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